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La série «Au nom du père», arcanes danois

Arte montre la nouvelle série d’Adam Price, le créateur de «Borgen». L’histoire de tensions d’un père, pasteur, face à ses fils. Et un feuilleton qui repousse encore la ligne de l’audace danoise

En fait, Au nom du père (Ride upon the Storm, en titre international) commence comme Borgen: par un débat électoral. Dans la série politique de naguère, Birgitte Nyborg, présidente des centristes, affrontait son opposant sur un plateau TV. Dans Au nom du père, qu’Arte montre ces jours (et en rattrapage ou DVD), Johannes (Lars Mikkelsen), pasteur d’une paroisse de Copenhague, débat, de manière frontale et contradictoire, avec quelques adversaires, dont une femme qui, au final, le bat pour l’obtention du poste de responsable des églises de la ville.

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Arte met à disposition les épisodes d’Au nom du père jusqu’au 29 décembre 2018.

Le trauma au Moyen-Orient

Cette femme s’approche du charismatique fils de Johannes, August, lequel veut surtout accomplir son service militaire, quitte à être envoyé dans les troupes danoises au Moyen-Orient, dont il revient traumatisé. Pendant ce temps, le frère, vilain canard du clan, rate son diplôme académique. Il a même plagié.

Le scénariste et patron de restaurant Adam Price a conçu Au nom du père, et une fois encore, on est surpris. Borgen s’inspirait de la fiction politique américaine A la Maison-Blanche, Adam Price ne s’en est jamais caché. Là, il propose un feuilleton plus marqué encore par les institutions danoises, et par celle qui est sans doute la plus sensible: la religion. Sensible, parce que le Danemark, comme tout autre pays moderne, vit à la fois le brassage des populations et le choc des extrémismes de la foi.

Il y a cinq ans, nos rencontres avec des créateurs de séries de Copenhague, dont Adam Price.

Le spectateur doit se débrouiller

Au nom du père raconte les tensions croissantes entre le père, plongeant dans l’alcool après sa relégation, et les deux fils aux trajectoires si opposées. Entre ces histoires familiales livrées sans mode d’emploi, cette inscription dans des cadres institutionnels danois et la présence du spirituel, le feuilleton laisse les curieux se débrouiller. C’est exactement ce que certains ont pu craindre aux débuts de Borgen: cette histoire copenhaguoise ne dépassera jamais les rivages de ses canaux. On sait ce qu’il en a été.

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