thriller

La série «Salamander», imbroglio politique venu de Flandre

La RTS diffuse dès ce vendredi un thriller politique belge. De quoi ramener le regard sur cette terre méconnue des fictions TV

«Salamander» est une série TV qui prend son temps. La découverte belge que propose la RTS dès ce vendredi mêle de manière originale quelques accélérations subites, comme une course poursuite en voitures dans le premier épisode, et des scènes plus allongées, jusqu’à provoquer un certain étonnement. Par exemple, l’histoire commence par un hold-up. Les malfrats opèrent selon la vieille pratique, tant vue au cinéma, consistant à passer par les catacombes, remonter vers les sous-sols de la banque visée et faire irruption dans la salle des coffres. Les réalisateurs de «Salamander» déploient la scène en dix longues minutes. Comme un hommage aux anciennes séquences de casse des films des années 1950.

Sauf que nous sommes en 2014, et il ne s’agit pas de Dédé la chignole. Certes, les braqueurs emportent quelques valeurs dans les coffres de la banque bruxelloise. Et nous sommes en Belgique, il y aura quelques diamants à troquer contre de beaux billets. Mais la partie la plus importante du butin est constituée de papiers, documents personnels, photos et CD. Des pièces que l’on devine compromettantes. Comme de juste, les clients des coffres saccagés sont des notables du royaume, procureur, ministres, militaires… Un flic, qui est averti du casse de la banque, va se trouver pris dans la toile d’araignée des pouvoirs. On l’imagine, le mystère policier va tourner en turbulences politiques.

La chaîne romande est très fière de montrer le feuilleton «en primeur», elle réalise là un joli coup. Ecrite par Ward Huselmans, un ancien journaliste, ce feuilleton flamand en 12 épisodes a connu un succès national en Belgique dès fin 2012. A l’affût, la BBC en a acheté les droits et prépare son adaptation.

Cette intrigue en hauts lieux met en lumière un territoire, la Flandre, a priori peu labouré par les consommateurs de séries. Il a pourtant, sporadiquement, ses réussites. Les amateurs se souviennent, et se souviendront longtemps, de «Matrioshka» (sous-titrée «Le Trafic de la honte» en français), glaçante fiction de 2005 sur la traite des femmes de l’Est dans les réseaux de prostitution belges. La première saison est toujours accessible en DVD. Les auteurs, Marc Punt et Guy Goossens, ont réussi à explorer ce sombre sujet sans complaisance ni voyeurisme, décortiquant les mécanismes de l’exploitation tout en ne renonçant jamais aux ficelles de la fiction. Un moment fort de série. «Salamander» redirige le regard en Belgique, cette fois avec un accent plus marqué sur le registre du thriller.

Salamander. RTS Un, vendredi 9 janvier dès 22h35.

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