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Molly Windsor (au centre), au cœur du drame.
© Sophie Mutevelian

série tv

La série «Three Girls» ou les drames du trafic sexuel et de l'injustice policière

Arte dévoile une mini-série sur l'histoire, réelle, d'un réseau de prostitution d'adolescentes dans la communauté indo-pakistanaise d'une banlieue de Manchester. Une œuvre forte

Three Girls, qu’Arte dévoile ce jeudi, se base sur un drame réel, et les réalisateurs le font savoir. Un avis le signale d’entrée de jeu, et à la fin de la sombre aventure, un artifice de mise en scène tend à associer le spectateur à la thématique de la mini-série. Une insistance un peu lourde. Néanmoins, les gens aux commandes de cette fiction en trois épisodes ne manquent pas de courage, tant ils abordent des sujets délicats, sans verser dans le simplisme.

Banlieue de Manchester, 2008

Les premiers faits ont eu lieu à Rochdale, banlieue de Manchester, dès 2008 – peut-être même avant. La série se concentre sur le personnage de Holly, nouvellement arrivée dans la ville. Elle se fait des amies qui fréquentent un kebab. Le patron leur offre sandwiches et vodka, jusqu’à ce qu’il faille payer, en nature. Les hommes qui gravitent autour du commerce exigent des faveurs sexuelles et insèrent les filles de force dans un réseau.

L’affaire est déjà sordide, elle est aggravée par l’attitude de l’appareil judiciaire. Durant les premières années, alors que Holly a accepté de témoigner, la justice a renoncé à lancer des poursuites, jugeant le cas trop peu étayé. Le traumatisme a été à la mesure du désespoir ainsi engendré; pire, les exploiteurs sont restés en liberté, parcourant les mêmes rues de la cité. Les services de police de l’agglomération ont repris l’affaire en 2012, et là, il y a eu des condamnations: neuf hommes d’abord, puis dix en 2015. C’est un réseau organisé, bien structuré, qui a été mis au jour, sur fond de tensions communautaires, puisque tous les accusés émanaient de la population indo-pakistanaise.

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Au moins trois sujets sensibles

Ecrite par Nicole Taylor, Three Girls, qui a connu un grand succès sur la BBC l'année passée, marche sur plusieurs œufs. La difficulté qu’il y a, parfois, à établir clairement la violence sexuelle, les circonstances étant peu claires; ensuite, la dimension culturelle, avec le risque de stigmatiser une communauté; et puis, la lourde faute de l’institution judiciaire, qui tente de convaincre des victimes par nature fragiles de s'exprimer, avant de laisser tomber. Portée par la jeune actrice Molly Windsor, impressionnante en une Holly fermée et brisée à la fois, Three Girls, passé son insistance à se dire réaliste, constitue un bel exemple de fiction TV sociale.


Three Girls. Trois épisodes d'environ une heure. Arte, dès 20h55.

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