Séries sur Croisette

Des séries à découvrir: les pistes cannoises

La compétition du festival des séries TV compte quelques fortes promesses venues d'Espagne, d'Israël ou d'Allemagne. Notre chronique de Cannes

A la moitié de son dévoilement, la compétition officielle du premier Festival de Cannes des séries donne quelques bonnes pistes de visionnement pour les amateurs ces prochains mois. Gros regret, Canneseries ne montre qu’un seul épisode par œuvre, ce qui est chiche – ce qui peut même se révéler trompeur dans certains cas, on a connu des débuts flamboyants suivis d’immédiats et tristes affaissements.

On reste prudent, mais il est difficile de rester insensible, par exemple, à la coréenne Mother. Adaptation d’une série japonaise, elle raconte la rencontre entre une jeune scientifique solitaire et une enfant maltraitée chez elle. Ou comment recourir à des couches de forts sentiments sans basculer dans l’outrance: c’est la prouesse du premier épisode de 1h10, qui ferait presque office de long-métrage.

D’Espagne provient une drôle de création, Félix: à Andorre, un enseignant-écrivain cherche la femme avec laquelle il a passé une inoubliable nuit. Personnage original, lieu inattendu, l’aventure aguiche le passant.

L’allemande Die Protokollantin (The Typist), elle, propose un magnifique personnage de mère (incarnée par Iris Berben) dont la fille a disparu. Elle est convaincue de la culpabilité d’un homme accusé de violences sexuelles, que la justice vient de relâcher. C’est ZDF, mais sans Arte cette fois: il faudra guetter d’autres canaux.

When Heroes Fly, adaptée d’un roman, démarre en trombe, en plein dans une intervention de Tsahal au Liban. Onze ans plus tard, les protagonistes, qui vivent plus ou moins bien leurs traumatismes, se retrouvent à l’occasion de la possible réapparition d’une jeune femme liée à l’un d’eux. L’usine à fiction israélienne prouve une fois encore le bon fonctionnement de ses lignes de fabrication, ici dans le thriller. Elle tient le bon bout à l’applaudimètre de la grande salle du Palais des festivals – les projections sont publiques –, avec Mother.

Enfin, déjà un succès alors qu’elle commence à peine à être diffusée en Grande-Bretagne, Killing Eve, avec Sandra Oh, laisse augurer une trépidante aventure d’espionnage, légère et violente. Une agente du MI5 traque une redoutable tueuse à gages. Il y a de terribles crimes, des personnages adultes et touchants, des dialogues qui percutent: de toute évidence un bon morceau, renouvelé pour une deuxième saison.

Ces cinq séries n’ont pas encore de diffuseurs ordinaires ou de plateformes en régions francophones, mais il ne fait aucun doute qu’elles débarqueront dans l’année.

Publicité