Les pudibonds, comme le père de l’héroïne, Mylene, vitupéreront contre cette manière de fuir la réalité. Laissons-les se putréfier dans leurs corsets, mettons-nous sur notre fournisseur musical préféré, et lançons Set Me Free, variété galvanisante, gospel pop grandiose. Une pépite de la BO de The Get Down, série en deux parties – coupées pour raisons budgétaires, elles forment un tout – qui fut l’une des premières grandes aventures, et crispations, de Netflix comme producteur. Les créateurs et maîtres d’œuvre, Baz Luhrmann et Stephen Adly Guirgis, avaient la main lourde dans les frais. Tant mieux: cet argent a permis de bâtir une fiction flamboyante.

Notre chronique, un peu enthousiaste, au moment de la fin: «The Get Down», immense opéra hip-hop

Le but est de raconter les débuts, en 1978, du hip-hop à New York. La poésie urbaine se découvre matière à scansion, et cela survient dans un contexte précis, à la fois social – New York est l’une des villes les plus pourries du monde occidental – et matériel, les nouvelles pratiques sur platines disques, une industrie musicale qui cherche de la chair fraiche. Voilà le West Side Story posé: la belle Latino Mylene (Herizen F. Guardiola), plutôt soul, musique d’église et disco, et le poète du caniveau qui monte, Ezekiel (Justice Smith).

Cette semaine, nos petits conseils culturels dansent sur quelques grandes séries musicales. Avec The Get Down, on place le panier de basket assez haut. Après Roméo + Juliette et Moulin Rouge, Baz Luhrmann compose une romance entre deux mondes qui tient de l’œuvre presque totale, une série opéra qui scratche, qui éblouit et qui soulève.

Lire également un éditorial à ce sujet: Il était une fois l’Amérique


The Get Down. Série en 10 épisodes disponible sur Netflix.


Retrouvez tous nos conseils culturels de la semaine.