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Fleur Pellerin, ancienne ministre et présidente du festival, le maire de Cannes, David Lisnard, et le journaliste Laurent Weil lors de l'ouverture de Canneseries, 4 avril 2018.
© VALERY HACHE/AFP

Séries sur Croisette

Séries TV: le gueux que je suis a monté les marches de Cannes

Le Festival de Cannes des séries a commencé mercredi soir, ouvrant une nouvelle aventure dans le temple du cinéma. En première, deux épisodes de «Versailles», alors même que les grèves et revendications salariales divisent le pays. Notre chronique cannoise

Cette semaine se tient Canneseries, le premier Festival de Cannes dédié aux feuilletons TV. Chaque jour, nos échos de cet événement qui veut égaler son grand frère cinématographique.

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Bon, ce ne sont pas les vraies marches, ni la salle officielle. Mercredi soir, le festival Canneseries a commencé modestement, dans un autre espace du Palais des festivals. Le glamour, ce sera pour samedi soir, première de La vérité sur l’affaire Harry Quebert, avec Patrick Dempsey (Grey’s Anatomy).

Changement de couleur, aussi. La montée des marches du cinéma claque en rouge vif depuis toujours, les séries seront roses. «Pour marquer un décalage culturel», indique la présidente du festival, Fleur Pellerin, «et faire une allusion aux cultures populaires».

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Le commun des séries dans le saint des saints

C’est bien cela. Le gueux que je suis, fan de séries, pose ses guêtres dans le saint des saints cannois. Vertige? Plutôt amusement, et l’impression de vivre un moment dans l’histoire du genre.

Dès l’entrée, une nuée d’hôtesses en blanc nous passent un bracelet rose, sésame du futur cocktail au Majestic – ce sera bouchées fines et ruée collective sur le bar, nimbé d’un jazz lointain.

Une cérémonie sans chichi

Dans la salle, des notables locaux, des invités que l’on devine liés aux sponsors, quelques hères dans mon genre. La cérémonie d’ouverture est d’une simplicité qui honore le nouveau festival, loin des interminables pseudo-discussions narcissiques du cinéma. Il y a bien moult autocélébrations, mais sans chichi. J’ai de la chance, ou bien j’ai été privilégié, je suis au deuxième rang. Je peux mesurer l’élan, plutôt sincère, du maire de la ville, David Lisnard, quand il fait part de son émotion à entamer cette nouvelle aventure pour «l’écosystème cannois» en matière d’audiovisuel. Il réussit à ne citer que des séries HBO ou FX lorsqu’il est sollicité pour confier ses préférences, oubliant le partenaire majeur Canal +: c’est dire l’émotion.

«Versailles», souveraine ironie

Et que découvre-t-on pour cette ouverture historique? Délicieuse ironie dans le contexte du moment, les deux premiers chapitres de Versailles, l’ultime saison, la troisième. Claude Chelli, le producteur, dit sa tristesse et sa fierté à la fois pour l’une des séries françaises les plus vendues à l’étranger, laquelle reste aussi royale que tendue.

Voici donc Louis XIV qui a triomphé à la guerre, qui inaugure la galerie des Glaces, qui semble au sommet de son pouvoir. On dit à un invité: «Le roi a décrété que cette fête devait être le summum de la réussite française.» Ces paroles rebondissent dans l’enceinte de la première édition de Canneseries.

Puis les difficultés s’accumulent, le peuple grogne, rechigne à payer les impôts malgré le nouvel éclairage public. «Paris est affaiblie par les privations», disent les conseillers au souverain. «Nous bâtissons une nouvelle France, un nouveau monde!» rétorque-t-il. Dans un pays paralysé par les grèves des cheminots SNCF, des pilotes d’Air France, des éboueurs et des étudiants, les mots résonnent depuis le Palais où nous autres, les gueux, sommes entrés. Celui de Cannes.

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