«Ne racontez pas votre histoire pas à pas, parce que les gens vont s’ennuyer tout de suite. Ne cherchez pas à être bon élève et à faire tout dans l’ordre, cherchez à voir ce qui va déranger et obliger l’autre à vous écouter», explique à l’AFP, Benjamin Dupas, scénariste de 40 ans qui a participé à l’écriture des saisons 2 et 3 de «Kaboul Kitchen» diffusée sur Canal+.

«On a tous des choses à raconter mais très peu de gens savent éveiller l’intérêt. Ce qui nous surprend, nous perturbe, c’est une émotion communicative de départ, une émotion universelle, c’est souvent la peur mais ça peut être le rire, la joie, le dégoût», a-t-il ajouté à l’occasion du festival de séries TV qui s’est tenu fin janvier à l’Institut français de Londres. Pour la quatrième édition, quelque 225 professionnels (60% de Britanniques et 40% de Français) ont échangé pendant trois jours sur la production et la création de séries en Europe.

Ancien enseignant et metteur en scène de théâtre qui se consacre depuis 10 ans à l’écriture de scénario, Benjamin Dupas estime que la clé est de «se rassembler entre jeunes auteurs ou aspirants-auteurs, partager ses points faibles et essayer de s’améliorer». Il a d’ailleurs fondé un collectif de scénaristes professionnels, le Sas (http://sas-atelier.overblog.com) pour susciter émulation et entraide créative.

Un goût du collectif partagé par Ashley Pharoah, scénariste britannique de 55 ans qui a créé «Life on Mars» et «Ashes to Ashes» et collabore actuellement avec la chaîne américaine HBO. Confiant «adorer travailler avec d’autres auteurs», il a vécu cette expérience comme «une énorme source de créativité quand vous vous faites confiance». Pour lui la clé d’une bonne série est «que quelque chose dans l’idée doit contenir un conflit inhérent».