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Sur la Croisette, 9 avril 2018.
© ERIC GAILLARD/Reuters

Séries sur Croisette

Les séries TV, une bataille commerciale et géopolitique

A Cannes, le MIPTV, vaste marché audiovisuel, a été agité par l’abondance de l’offre de fictions. Les liens entre acteurs du web et anciens diffuseurs deviennent complexes. Notre chronique cannoise

Canneseries, le premier Festival de Cannes dédié aux feuilletons TV, se termine ce mercredi. Voici notre avant-dernière chronique de la Croisette.

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Sur ce point, il a ressemblé au grand frère cinématographique. Ces jours, le Festival de Cannes des séries a eu deux niveaux. En surface du Palais des festivals, le long des marches, des stars et leur glamour. Dans les entrailles du bâtiment et dans les annexes – un vrai labyrinthe –, les étals du bazar. C’est le MIPTV, l’un des principaux marchés audiovisuels mondiaux, qui existe depuis 1964. Ici, derrière leurs petits stands, les vendeurs-acheteurs proposent leurs séries, documentaires ou téléréalités à d’autres acheteurs-vendeurs du monde entier.

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Tout s’imbrique

Depuis quelques années, m’explique-t-on, ce monde feutré et bien rodé s’agite toujours un peu plus. La hausse de la production de fictions, en particulier, accroît la concurrence en même temps qu’elle ouvre de nouvelles possibilités d’affaires. Les acteurs du web sont peu présents, mais tout devient imbriqué; une série sera achetée pour une première diffusion par des diffuseurs classiques, reprise ensuite par Netflix…

Le choc frontal entre le vieil appareil de production/diffusion et les nouveaux opérateurs représente une fable pour technophiles naïfs. Netflix, Amazon, Hulu et les autres sont bien plus proches des antiques chaînes et studios qu’il n’y paraît.

Un exemple: «Undercover», de la Belgique à la planète

Un exemple: l’une des séries qui fait événement dans la compétition de Canneseries comme au MIPTV est Undercover, une production belge produite par une société locale avec l’argent de la station publique, la VRT, ainsi que des appuis d’Etat. Netflix est entrée dans le tour de table, elle montrera la série de manière globale sauf en Belgique, France, Allemagne, Suisse et Autriche; pour ces pays et quelques autres, c’est Federation, la compagnie notamment vendeuse du Bureau des légendes, qui monnaiera les droits. Image de la complexité qu’atteignent les montages financiers dans ce secteur.

La Russie, la Chine, la Turquie et les autres

Dans les allées du MIPTV, diffuseurs et pays se battent à fleurets mouchetés. La BBC a son vaste espace, avec brochettes de fruits frais, et sa salle de conférences aux couleurs de Luther. La Russie s’est offert un forum où elle regroupe ses sociétés audiovisuelles, pour une plus grande force de frappe. La Chine fait fort, comme toujours. Les producteurs turcs s’offrent d’immenses affiches sur la Croisette. L’américaine CBS a monté un pavillon devant le Palais, avec terrasse donnant sur le port – pas de chance, il a plu tous les jours.

Il est aussi question de documentaires et de téléréalités, mais, à l’heure du boom planétaire des feuilletons, ces couloirs à douces moquettes ont montré l’importance de la géopolitique commerciale des séries.

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