C’était l’époque d’une insouciance sans doute un peu sotte, le pèlerinage à Katmandou sur les traces des Beatles mais en ne comprenant probablement pas grand-chose à la culture locale, les cheveux fleuris, les pantalons qui bâillent et les corps libérés. Charles Sobhraj, Marie-Andrée Leclerc et Ajay Chowdhury ont été la face sombre de cette seconde moitié des années 1970, à Bangkok, au Népal et en Inde. Dix-huit assassinats leur sont attribués, avec le Français né au Vietnam comme manipulateur, désigné même comme «tueur en série», ce qui se discute. Ces meurtres étaient manifestement crapuleux, pour l’argent et les passeports.

D’abord, une traque

Proposé par Netflix, en coproduction avec la BBC, Le Serpent, surnom de Charles Sobhraj (qui multiplie par ailleurs les pseudonymes), raconte l’histoire de la cavale du trio dès 1975, l’année où un employé de l’ambassade des Pays-Bas à Bangkok s’inquiète de la disparition de deux compatriotes. Les auteurs Richard Warlow et Toby Finlay orchestrent leur mini-série comme le thriller de la traque du Hollandais, incarné avec vigueur par Billy Howle. La distribution mérite d’ailleurs les louanges qu’elle reçoit de toutes parts, autant Tahar Rahim dans le rôle-titre que Jenna Coleman en copie conforme de Marie-Andrée – moyennant une unique entorse linguistique, puisque l’Anglaise incarne une Québécoise.