Il peut souffrir de la comparaison avec sa propre œuvre antérieure. Ces temps, Arte montre, le jeudi soir et en rattrapage, Au Service de la France, nouvelle plaisanterie du scénariste Jean-François Halin, laquelle est également présentée au Festival Tous Ecrans ce week-end. Ou les débuts du jeune André Merlaux (Hugo Becker, timide et confondu à souhait) dans les services secrets français en 1960.

L’apprenti espion doit apprendre les codes si particuliers de ce milieu dans lequel «tout malentendu peut causer une guerre mondiale. Oui, mondiale», lui assène-t-on à répétition. Il découvre surtout l’absurdité de cet environnement, quand le seul fait de répondre au téléphone lui est reproché: «J’ai répondu parce que le téléphone sonnait…» – «Je ne comprends la logique», lance le chef, dans le premier dialogue mémorable de la série. Il y en a d’autres.

Jean-François Halin dit vouloir s’inspirer, et rendre hommage, aux histoires d’espionnage de son enfance, à commencer bien sûr par James Bond, dont il est un peu question ces jours. L’auteur a ouvert la brèche en adaptant les OSS 117, lesquels fournissaient déjà une bonne matière à histoires secrètement rocambolesques. Dès lors, Au Service de la France est comparé aux films de 2006 et 2009, c’est là où la promotion peut nuire à la série.

André Merleaux n’est pas Hubert Bonisseur de La Bath, Hugo Becker n’est pas Jean Dujardin – et il ne doit pas lui emboîter le pas; les personnages sont différents, comme le projet de fiction. Là où Hubert bondissait en glissant rapido qu’il allait régler sur le champ le problème du Proche-Orient, André est placé en observation dans ce monde sans queue ni tête. Grâce au format de la série, par missions de 26 minutes, Jean-François Halin adoucit sa narration: plus lente, elle permet de mieux approfondir le contexte burlesque autant que bureaucratique. On est davantage chez Jacques Tati que James Bond. Et c’est un plaisir.