Classique. Déodat de Séverac. Inédits: œuvres pour orchestre. OSR, Roberto Benzi (direction) (Radio suisse romande-Espace 2)

Si vous aimez le soleil d'Espagne ou les teintes impressionnistes, ce disque vous apportera beaucoup de bonheur. Déodat de Séverac (1872-1921), compositeur français de la génération de Debussy Dukas, Fauré ou encore Ravel, gagne timidement une reconnaissance. Roberto Benzi et l'Orchestre de la Suisse romande (OSR) lui rendent hommage dans un enregistrement habité, truffé d'œuvres orchestrales inédites.

On se passionnera avant tout pour Nymphes au crépuscule. Dix minutes qui s'inscrivent dans le sillage debussyste. L'orchestration, raffinée et diaphane, le sujet (l'histoire d'un faune courtisé par des nymphes), le concours d'un chœur de femmes suggèrent une parenté avec le Prélude à l'après-midi d'un faune et «Sirènes», dernier volet de Nocturnesde Debussy. Autre page onirique, Le Mirageconvoque un soprano léger dans les hautes sphères. Jaël Azzaretti a le timbre voulu: on regrettera ce vibrato serré qui trahit l'effort (exigeant, certes) pour tutoyer l'éther.

En grande forme, l'OSR joue avec souplesse et chaleur, sous la baguette d'un Roberto Benzi inspiré. Tout n'est pas de la même veine chez Séverac. Le Cortège catalan et Recuerdos abondent en rythmes et en mélodies. Ces pièces, hispanisantes et sensuelles, fleurent bon les parfums de la Méditerranée. La Suite d'après Le Roi Pinard (orchestrée par Yvon Bourrel) est nettement plus anecdotique. Un disque attachant, qui dépasse la seule remise au goût du jour d'un compositeur oublié.