HBO l'avait promis, Internet n'a fait qu'en parler, New Line l'a fait. Les fans de la série glam américaine Sex and the City peuvent enfin assouvir un fantasme vieux de quatre ans, quatre longues années à se demander si l'héroïne Carrie Bradshaw (Sarah Jessica Parker) se mariera enfin avec Mister Big (Chris Noth). La déception est d'autant plus violente que l'attente a été longue et intelligemment nourrie de rumeurs par la production. Tel un lointain paradis perdu, la série télévisée, jadis truculente, crue à souhait et portée avec délectation sur le sexe, est devenue le long et frustrant récit d'un conte de fées richissime dont on connaît dès le début la fin. «Elles ont longtemps cherché l'amour, elles l'ont désormais trouvé» pourrait très bien être le sous-titre de cette adaptation qui peine à garder sa fraîcheur télévisuelle. Que peut-il donc bien se passer d'intéressant durant 2h25 si tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles? Car tout de même! Si les fans jubilaient, c'était plus pour les tribulations amoureuses de nos quatre héroïnes que pour leur bonheur assouvi et plan-plan.

Qu'apporte cette adaptation sur grand écran? Et, bien que Sarah Jessica Parker, héroïne et productrice, a dû beaucoup s'amuser à porter de somptueuses toilettes prêtées par les multiples maisons de luxe qu'elle cite tout au long du film. Que le mariage, c'est magnifique (on n'a rien contre), que les princes n'existent pas mais en fait que si (on n'en doute pas un instant) et que l'essentiel est d'avoir une immense penderie pour mieux y ranger sa vie. Bon.

Du rêve tissé de belles robes, voilà ce qu'apportait intelligemment la version petit écran. Dans Sex and the City: le film, les quatre héroïnes ont 40 ans et (presque) plus de problèmes. Difficile dès lors de construire un scénario pétillant digne des premiers épisodes. Perplexe, on doute de la motivation première des producteurs. Est-ce pour l'argent, pour les fans ou pour mettre un point final aux aventures des quatre New-Yorkaises les plus célèbres que le film a été tourné? Même Sarah Jessica Parker, au capital plutôt sympathique, se noie dans son miroir. Et malgré de bons moments, seule Samantha (Kim Cattrall), la copine nymphomane, suscite un rire franc par ses délicieuses interventions toujours aussi osées. Sauf carton plein au box-office (et donc possibilité d'un second volet), Sex and the City: le film signe définitivement la fin d'une belle époque. Dommage.

Sex and the City, de Michael Patrick King (USA, 2008), avec Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Kristin Davis, Cynthia Nixon, Chris Noth, Jennifer Hudson, David Eigenberg, Evan Handler. 2h25