L’art du trivial. Dans la dernière satire d’Antoine Jaccoud vue au Théâtre Beausobre, mardi, ce n’est pas la culbute qui est au centre, contrairement à ce que le titre Le sexe, c’est dégoûtant et la thématique, l’échangisme, laissent penser. La star de cette pochade pour quinquas déconfits, c’est l’ennui. Le mortel ennui de la conjugalité usée dont le canapé, qui trône au cœur du décor de Fanny Courvoisier, est l’objet clé.

Tiens, le canapé était aussi l’emblème de la boboïtude blasée qu’épinglait l’amère Claire Bretécher, chère bédéiste disparue lundi dernier. Jaccoud-Bretécher, une même manière, sans pitié, de raconter la perte de repères d’une classe trop libre et trop aisée. Que faire quand on peut tout faire? A la mise en scène, Matthias Urban répond en retenant le temps, parfois trop. Créé fin janvier à La Grange de Dorigny, ce spectacle au bénéfice d'une belle tournée est à découvrir ce jeudi soir et demain vendredi au Théâtre Benno Besson, à Yverdon, avant Nuithonie, à Villars-sur-Glâne et le Théâtre Saint-Gervais, à Genève, en mars.