Spectacle

Shakespeare, maître-nageur amoureux à Carouge

Initiation de rêve à La Cuisine du Théâtre de Carouge, dès ce vendredi. Une vingtaine d’enfants et d’ados distillent leurs secrets à travers des sonnets, guidés par Jean Bellorini et Thierry Thieû Niang, poètes des planches

Au bord de la piscine, Shakespeare est plus clair. Mélissa, Xhylsime, Zenawi et leurs camarades, tous enluminés d’une grâce qui est celle de la première fois, vivent ce sortilège à La Cuisine, nef provisoire du Théâtre de Carouge. Ils ont l’élasticité qu’on a entre 10 et 20 ans, des ombres en pagaille et des fulgurances en réserve; et ils n’ont pas peur de se jeter à l’eau ce vendredi soir et ce week-end. Leur trésor? Les sonnets de cet écorché de William, des poèmes qu’on se passe comme des coffrets à secrets.

Cette piscine construite sur la scène, on la doit à Jean Bellorini, metteur en scène mélomane, et au chorégraphe Thierry Thieû Niang. Le premier dirige le Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis, une maison qui compte en bordure de Paris; il prendra les rênes, la saison prochaine, du Théâtre national populaire de Villeurbanne. Le second invente des fugues qui délient les esprits, avec des amateurs ou des professionnels. Ensemble, ils ont voulu que Shakespeare serve de flambeau à des jeunes de tous bords, qu’il soit leur grand frère sur le chemin des premiers baisers.