Cet été, je plonge dans les 3000 pages des Milles et Une Nuit. Et j'essaie de vous convaincre de lire ce recueil si ancien, si fantaisiste, si passionnant, qui nous parle tant.

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Son père essaie de la dissuader, lui raconte un conte (déjà!) pour en tirer une morale de la neutralité, mais elle lance: «Il en sera pourtant comme je l’ai décidé.» Et c’est ainsi que depuis dix siècles, un fabuleux recueil d’histoires fascine ses lecteurs. Shéhérazade s’élève, alors que le roi Shahryar, furieux de son cocufiage, consomme les belles à grande vitesse en couchant avec elles puis les faisant tuer à l’aube. Fille d’un haut fonctionnaire, la jeune femme refuse la fatalité du courroux meurtrier. Avec sa sœur – ne l’oublions pas –, elle fomente son extraordinaire dispositif: après qu’il a rassasié l’estomac et ailleurs, raconter un conte au roi. Et s’arranger pour devoir l’interrompre à l’aube.

Des milliers de pages ont été écrites sur Shéhérazade, sa personne et sa stratégie. Elle les mérite, comme d’autres femmes des Nuits.