Au moment où elle décide de renoncer à exercer la psychiatrie pour se consacrer à l’écriture, Sibyl (Virginie Efira) accepte de prendre une nouvelle patiente, Margot (Adèle Exarchopoulos, qui fait ce qu’elle a appris à faire dans La Vie d’Adèle, à savoir pleurer et se déshabiller). La psychothérapeute trouve dans les séances avec la jeune actrice désespérée matière à nourrir sa fiction. Le tournage du film s’avérant chaotique (la réalisatrice est la maîtresse du rôle masculin qui a engrossé la jeune première…), Sibyl est appelée sur le plateau pour démêler l’imbroglio sentimental et même diriger certaines séquences. Les frictions de la fiction et de la réalité surchauffent.

Après La Bataille de Solférino, montré dans la section ACID, Justine Triet a séduit la Croisette avec Victoria, dévoilé à la Semaine de la critique. Grimpant dans la hiérarchie cannoise, c’est en Compétition qu’elle présente Sibyl. Cette comédie dramatique reconduit un schéma identique: une jeune femme, incarnée par Virginie Efira, est au bord de la crise de nerfs. La mécanique de la réalisatrice s’enraie et patine.