Un bateau accoste sur une île au son du Passenger d’Iggy Pop. «Bienvenue à La Gomera, la perle des Canaries», annonce un haut-parleur. Cristi, un inspecteur roumain, y est attendu par le mystérieux Kiko, qu’incarne le comédien hispano-suisse Antonio Buil. Celui-ci a pour mission de lui apprendre le silbo gomero, une langue sifflée millénaire, aujourd’hui classée au patrimoine immatériel de l’humanité.

A partir de cette séquence d’ouverture riche en promesses, Corneliu Porumboiu construit un film divisé en quelques chapitres portant chacun le nom d’un de ses personnages principaux. Un moyen pour lui de brouiller les pistes en explosant la narration à travers une succession d’allers et retours temporels dont on se demande au bout d’une heure s’ils ne sont pas simplement destinés à masquer le manque d’originalité d’un scénario à la fois simple et confus.