Musique

Simon Lagarrigue, l’homme résistance

A 82 ans, il fait figure de patriarche du maloya, musique réunionnaise issue des champs de canne à sucre. Rencontre rare avec cet artiste à la fois discret et monumental, qui nous délivre un récit de transmission entre passé et identité

Cette interview a été réalisée en juin dernier dans la maison de l’artiste, en marge de son concert au Festival Sakifo, rendez-vous musical de l’île. La jeune chanteuse et poétesse réunionnaise Ann O'Aro, qui se produira à la fin du mois à Genève, en a assuré l’interprétation. Afin de respecter les spécificités de la langue créole et d’une voix rare comme celle-ci, cet entretien-fleuve n’a  pas été réécrit.

Homme de mémoire

C’est son vieux chien qui a sonné l’alarme, et sorti Simon Lagarrigue de la véranda, qu’on nomme ici «varangue», de sa torpeur au coin du feu aussi, où il attendait avec un vieil ami aux yeux doux qui ne pipera pas mot. Il s’est avancé avec le port altier des hommes simples qui font de la grande musique, le chapeau porté juste un peu de travers, et puis un long bâton, mi-tisonnier, mi-canne. En cette douce matinée de juin, l’âme commune d’un Skip James ou Compay Segundo plane autour de cette case créole en bordure d’une bruyante nationale d’outre-mer.

A la Réunion, il est à la fois figure de l’ombre et homme de tous les superlatifs. Celui dont tout le monde connaît les chansons, mais qu’on a aussi un peu oublié parfois, et que sa grande fille Béatrice travaille à honorer comme il se doit. Il est la mémoire viscérale des jeunes générations qui le redécouvrent et perpétuent le maloya, cette musique issue des champs de canne à sucre, dont les colons, puis les conservateurs craignaient à raison le pouvoir fédérateur.

Flux intarissable

Simon Lagarrigue fut le discret compagnon et beau-frère du plus célèbre que lui Firmin Viry, et l’une des figures essentielles de la génération qui a suivi celle du désormais mythique Granmoun Lélé. Dès le début des années 60, alors que les effets de la départementalisation (1946) peinent à s’inscrire dans les habitudes, sa Troupe Résistance se produit aux côtés d’une jeunesse en quête d’émancipation et de valorisation de la culture créole, puis lors des rassemblements du Parti communiste. «C’est un monument. Quel homme, quelle voix! Je suis désespérément à la recherche de son album qu’on ne trouve plus. C’est extraordinaire, vraiment, quel grand monsieur!» peine à retrouver son souffle l’accordéoniste René Lacaille qui, comme tant d’autres rencontrés ici et là, s’enflamme vite à l’évocation de son nom.

Or on n’interviewe pas vraiment Simon Lagarrigue, du moins, on ne l’interrompt pas. On s’assoit et on écoute, en laissant couler ce flux intarissable d’anecdotes dans lesquelles se nichent toujours, comme dans ses chansonnettes et son regard perçant, un vert esprit contestataire et taquin. Il s’agira ensuite de traduire puis longuement sélectionner ses propos, en veillant à ne pas dénaturer cette parole importante, aux rythmes et accents d’un autre temps. Un délicat exercice de transmission à quatre mains si l’on veut bien, réalisé avec la jeune poétesse et chanteuse réunionnaise Ann O'Aro (voir encadré). L’occasion pour elle «de retrouver un sens et une origine» à son travail poétique et politique, et, comme le dira tout autrement plus bas le vieux Simon, parce que «la transmission du maloya, il faut aller la chercher et se l’approprier».

«Notre histoire selon mon imagination»

«Oui, quelle histoire on va raconter? Notre histoire, selon mon imagination, parce que moi, je pratique le séga-maloya pour que tout le monde puisse s’y reconnaître, que tout le monde sache le danser. Vous comprenez? Moi, je fais mon maloya créole, réunionnais! Il n’y a pas de religion à l’intérieur. Alors que dans le kabaré-maloya, il y a des choses sacrées dedans. Musique populaire, pas musique sacrée, voilà.

Pour quelle raison ça a été interdit, le maloya? Pendant l’esclavage, il y avait toujours un esclave qui suivait les Blancs et qui restait dans la cour. Il connaissait mon langage, il connaissait ton langage. C’était comme ça en France, hein. Mais c’était lui qui disait aux Blancs:

– Hey! Attention ils sont fâchés là, ils parlent de révolution.

Les Blancs disaient: «Mais qu’est-ce qu’ils préparent?»

Et l’esclave de la cour disait: «Telle chose, telle chose, telle chose…»

Ils répondaient: «Ah bon?»

C’est ça, le créole. Et là, tout le monde avait peur, personne ne sortait plus. Le maloya qu’on faisait dans la maison, il était surveillé. Il fallait grimper dans les arbres, regarder si on voyait un vélo… Avant, les gendarmes n’allaient pas en voiture, ils allaient à vélo, on ne les entendait pas venir.

Et quand on a commencé à parler de liberté, là, on n’en avait pas la moindre idée, nous, de la liberté, on travaillait sur une propriété et on habitait dessus, c’était le propriétaire qui nous commandait. Quand les histoires de charges sociales sont arrivées, les propriétaires ne voulaient pas payer autant pour leurs esclaves. A ce moment-là, ils ont partagé les terres. Ils ont emmené des groupes à la SAFER pour mettre 2000 gaulettes dans le collet ici, dans le collet là-bas [la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural était chargée de la division des terrains après l’abolition de l’esclavage. Les propriétaires ne pouvant pas payer d’un coup tous leurs esclaves, ils leur ont redistribué des «gaulettes» (unité de mesure de la terre) dans le «collet» (le «cou»)]. Ils en ont mis aussi dans mon collet, hein (rire). C’est parti comme ça.

Il y a beaucoup de gens encore plus vieux que moi. Moi, c’est la deuxième génération… Moi, je suis né en 37. J’ai connu ça. Mais c’est l’équipe avant nous qui a… aïe, aïe, aïe, aïe, aïe!… Nous, notre équipe a libéré le maloya. Mais l’équipe avant nous, ils étaient esclaves. Eux, pour manger… ils devaient allumer leur feu, chanter tout seuls, dans leur maison, ils n’avaient pas le droit de chanter dans le chemin, ils faisaient leurs petites cérémonies là, ils marchaient en cachette. Mais quand les charges sociales sont arrivées, là, tout a commencé, c’était une autre équipe! La SAFER! Le Crédit Agricole! Viens, je vais te donner de l’argent et du travail! Tu vas tout payer!

«J’ai repris la suite»

La première équipe à monter sur le podium, c’était notre équipe à nous. Il y avait moi, mon frère, mon vieux papa. Mon papa s’appelait Henri, c’était le chef du moringue [sport de combat pratiqué dans l’océan Indien et qui se joue à mains nues] à Ligne Paradis. Il sortait du travail le samedi, après avoir eu sa paie. Il était saoul.

– Tu es en forme, moi je suis en forme, allons boire ensemble.

Ils arrivent devant la bicoque, ils boivent un litre de rhum. Ils posent le seau en fer-blanc plein d’eau par terre. Si l’un d’eux a reçu un coup de talon dans la tête et qu’il reste par terre, on lui balance de l’eau dessus, il se relève. C’était leur jeu. Nous, enfants, on regardait. On n’avait pas le droit de venir là. Maintenant, les enfants, on les voit dans le chemin comme ça. Chaque génération a ses changements. C’est comme ça. Dans le noir, personne ne te voyait. De nos jours, on a la lumière partout. Il n’y avait pas de lumière avant. On s’éclairait à la bougie. On allumait les grains de Pierre d’Indes. C’est un arbre qui pousse et qui fait des grains. On enfilait les grains les uns derrière les autres sur un long bout de bois. Quand on allume le premier, ça brûle l’autre, et au fur et à mesure les uns après les autres. Ça brûlait longtemps. On s’amusait. Et puis, ensuite il y a eu la lampe à pétrole dans la maison. Maintenant, il y a l’électricité. Il suffit d’appuyer sur un bouton.

De nos jours, on a changé de façon d’être esclave. Les Blancs ont trouvé le truc. Ils te donnent un euro dans la main droite, et te prennent 5 euros dans la main gauche. Toi, tu dis: «C’est super!» Oui, mais… Si tu regardes bien comment ça se passe, c’est toi qui te fais avoir. Les publicités… si tu ne les écoutes pas, eh bien, c’est ta femme qui va te dire: «Ça, c’est joli!» Mais si tu ne l’écoutes pas, mais vous allez vous battre, toi et ta femme. Non-oui-non-oui… Et après on va entendre: Untel a frappé sa femme…

On est le seul groupe qui a milité, le groupe Lagarrigue. Mon vieux papa. Après j’ai repris la suite. Dans le cœur, on milite. Jusqu’à maintenant, de temps en temps, je dis toujours un petit mot dans la semaine, je vais chanter quelque part. C’est comme ça.

Maintenant, c’est ça qui nous divise. L’argent. On était un bon groupe. Mais dans mon groupe, il ne reste que moi. A partir du moment où il y a eu de l’argent, ça s’est mal passé. On disait: «Lui, il ne vaut pas ça. S’il est là, c’est qu’il a de la valeur.» Toute l’équipe s’est déchirée pour des histoires d’argent.

«Notre sang est le même»

J’ai toujours fait de la musique. Je viens d’ici, dans le Sud. Dans le temps, on faisait les clandestins. Le maloya, pour aller jouer à Saint-Denis (au Nord), on mettait les instruments sous un chargement d’herbes, camouflés. Si les gendarmes nous arrêtaient… On ne voyait qu’un camion de brèdes mourongue [légume-feuille comestible typique de la Réunion] traverser! On s’est battu pour être libres. Maintenant on est contents. Comme dit notre histoire, on est éclairés la nuit, nourris sans manger et habillés tout nus. C’est bizarre mais on continue comme ça. Qu’est-ce qu’on peut y faire? Comme les gens disent, on attrape un requin. Que va-t-on trouver dans son ventre? On trouve des poissons moyens. On attrape ces poissons, on va trouver des petits poissons. On attrape les petits poissons, on va y trouver des grains de sable. On est comme ça.

On a de quoi faire des chansons sur notre île. Tu es Réunionnais, chantes en créole. Là, si tu chantes en anglais, tu pars, tu vas leur apporter quoi en Angleterre? Tu n’apporteras pas d’identité. Chacun porte son sang, son identité et on se croise, on partage. Moi, je tiens à ma langue, à mon créole. Peu importe ce que les gens en disent, je continue à parler créole. C’est simple, on a tout, maintenant, la télévision, la radio, Facebook, on a tout. Mais pourtant, est-ce qu’on a vu beaucoup de Réunionnais passer à la télé? Non! Dites-moi? Non! Il n’y en a pas beaucoup.

Je ne suis pas raciste, nous sommes tous humains, c’est comme ça que je vois les choses. Si on se coupe, Noir ou Blanc, le sang n’est pas blanc, pas noir, le sang reste rouge. Notre sang est le même. C’est comme ça. Quand on meurt on ne porte pas avec nous ni l’or, ni l’argent, ni la voiture. Mais c’est ce qu’on ne comprend pas. Vivre en frères. Se donner la main l’un l’autre. Non! J’ai plus que toi! J’en veux plus! C’est ce qui nous divise.

Les gens me demandent souvent pourquoi mon maloya n’est pas comme celui des autres. Je leur dis: «Chacun fait son maloya.» Les vieux faisaient le moringue. Nous non. Nous, on avait le maloya, notre musique à nous. On attrapait deux bouts de bois, du feu, on mettait tout ensemble, et on jouait! J’ai fait une chanson sur la case en paille. D’ailleurs, comme je le dis, nous, dans notre pays, on ne voit pas ce qui s’y passe. Pourtant ils savent lire et écrire. Moi, je ne sais ni lire ni écrire. Souvent des gens me demandent mon numéro de téléphone. A la maison j’ai un téléphone, mais je ne connais pas mon numéro. On ne demande pas à un bœuf à combien il est vendu sur le carnet. Je ne sais pas. Les chansons qu’on a faites, mon frère et moi, on ne les a pas écrites, on ne sait pas. On se demande parfois si on est intelligents. On chante et les enfants écrivent.

Les gens ne m’appellent plus Simon, ils m’appellent «tonton». Maintenant, j’ai des nièces et des neveux partout. (Rire.) Mais ma place reste ici, sous mon arbre dans ma cour. J’ai même un neveu blond qui m’a apporté du coca! Une dame m’a dit que j’étais chez elle hier soir alors que je ne la connaissais pas. Puis elle m’a expliqué que j’étais passé dans sa télé. Je ne le savais pas. C’est bien, ça encourage.

«Vas-y, chante»

Je suis allé en France, à Paris. Premier morceau, le public s’est emporté! On aurait dit un essaim de mouches! Ils ont battu des mains! Les costumes des gens étaient collés à eux avec la transpiration. J’ai eu des bouquets de fleurs! Le régisseur était content, il m’a dit: «Simon, tu es une vedette.» Quelle vedette?! Je ne suis même pas une pirogue, tu me dis je suis une vedette! Non. Il me dit: «Tu es beau…» Mais on me dit ça, j’écoute.

Mais même ici, il y a un public qui vient chaque fois que je joue. Ils sont contents de mes chansons. Ils les connaissent. J’en suis fier. J’en suis fier. Comme on dit: marchandise vantée n’a aucune valeur. Je ne me vante pas. Quand je chante, les gens viennent écouter. Tous les enfants qui viennent vers moi me disent: «Tonton, je veux chanter tes chansons.» Je leur dis: «Mais vas-y, chante. Si tu vois qu’il y a trop de sel, tu en retires, si tu vois qu’il en manque, tu en rajoutes. Mais chante.» Ces chansons-là sont faites pour être chantées, pas pour rester là. Je ne veux pas les ranger dans mes poches, et lorsque je partirai, je ne les emmènerai pas. Je ne peux pas te dire de ne pas les chanter parce que tu ne chanteras jamais comme moi. Tu chanteras mieux, plus joliment, mais comme moi, tu ne les chanteras jamais. C’est ça notre entente.

Bon je vous dis ça. Mais toute l’équipe des Granmoun Lélé, Feu Paul, Rwa Kaf, etc. c’est moi qui les ai fait monter sur scène. Leurs premières fois, c’est moi qui les ai fait monter. Ils chantaient dans les camps, à terre, pas dans le chemin. Descendants d’esclaves. Nous, notre génération, on vivait l’engagisme [avant l’abolition de l’esclavage, des milliers de personnes d’Inde, d’Afrique, de Chine, d’Australie ou d’Europe sont «engagées» avec un contrat de travail d’une durée de 5 ans renouvelable], on n’était plus esclaves. Eux oui, ils avaient connu l’esclavage. Ils avaient connu les coups de fouet. Notre époque était dure, mais pas comme la leur. J’ai grandi sur le terrain de M. Bénard, à Ligne Paradis. On n’avait pas de droits. On s’occupait du maïs, il fallait qu’il nous donne l’autorisation de le couper s’il était prêt. Et il ne fallait pas oublier sa part, son quart. Il fallait le mettre dans son usine, son bureau, son magasin. Dedans, propre, bien rangé.

Lire aussi: A La Réunion, les enfants d’Alain Péters chantent encore

«Où est-ce qu’on va?»

Nous, ce qu’on a réussi, c’est réhabiliter le maloya. C’est comme ça. Je continue. Il y a des choses à dire sur notre histoire. Nous, on faisait des chansons pour tout traverser. On ne pouvait pas dire qu’on avait mal au cou, eh bien, on le mettait en chanson. On marchait un petit peu à gauche, un peu dans le Parti communiste. On allait chanter, faire la bagarre à Saint-Louis! Quand on arrivait, il fallait regarder, il y avait au moins 4-5 gendarmes devant le portail. Le maloya n’est pas mort parce qu’on ne l’a pas laissé mourir. C’est notre culture. On ne peut pas la laisser aller. C’est nos ancêtres. Il faut bien qu’on le modernise. On ne voit pas la vie pareille selon les générations. Mais au fur et à mesure, de génération en génération, on a gagné la liberté. On est toujours esclaves quand même, mais des esclaves modernes! Parce qu’on paie tout nous. Rien n’est gratuit.

Si on regarde à la Réunion, on n’y fait plus rien. Si on est trop diplômé, on ne trouve pas de travail. C’est trop cher. Si on n’a pas de diplôme, on ne trouve rien non plus. On vient de la terre, on avait tout, la vanille, le géranium, le vétiver, c’est passé où? On n’a plus rien. On ne trouve que des gens qui marchent avec un chien. Avant on marchait avec un bœuf, un cabri, quelque chose. Maintenant, on marche avec un chien. Où est-ce qu’on va? On marchait pour trouver un carreau de maïs, du riz ça pousse comme de l’herbe ici. J’ai été planteur de riz. J’en ai planté. Ça pousse! Il faut planter! S’il faut passer à la caisse, appuyer sur des boutons, je suis un homme mort dans la société moderne.

Quel genre de personne on devient? Il faut avoir de l’argent pour tout. Si on a encore les parents, ils peuvent donner un coup de main. Mais ce n’est pas facile pour les jeunes de nos jours. Et on voit de plus en plus, les nouvelles. Rien ne va plus. On a vu là un bateau qui transportait 100 kilos de cannabis! Vous avez entendu? Mais pour les attraper, là, il y en a bien un qui n’a pas eu assez d’argent et qui les a dénoncés pour se venger. Il n’y a pas de feu sans fumée. Ce qu’on fait entre nous, si tout le monde a la même quantité, personne ne va se plaindre. C’est comme ça. Parfois, je m’assois ici, je réfléchis à comment faire pour gagner sa vie. Mais on file un mauvais coton. Enfin, tout métier nourrit son maître… On est en train de dire n’importe quoi et ça enregistre encore là?»


Ann O’Aro, souffle de vie

Elle fait partie d’une jeune génération de musiciens qui recherche son identité réunionnaise à travers le prisme du maloya. «Ecouter et traduire Monsieur Simon Lagarrigue m’a permis de rallier à sa parole ce que j’avais appris de l’histoire de mon pays et de ma discipline. C’était prendre un cours accéléré où plein d’informations se recoupaient à des collectes personnelles. C’était un challenge en tous points, une mise au point avec moi-même.»

Chez elle, c’est dans l’épure des percussions que l’on perçoit ce maloya, et dans l’urgence avec laquelle Ann O’Aro sublime une douleur enfouie. Un quelque chose d’essentiel et sur le fil, à la sensibilité harmonique renversante et qui, bien que paré d’un récit personnel en créole parfois frontal, parvient à toucher au cœur un souffle de vie universel et doux. Son premier album est un bijou, et son recueil de poésies Saplë lo shien/Cantique de la Meute (Ed. Fournaise), en créole et en français, prouve qu’en plus d’être une musicienne hors pair, elle est aussi une très grande plume.


Ann O’Aro en concert: dimanche 28 juillet au Théâtre de l’Orangerie, Genève, 20h30. Lundi 29 juillet aux Aubes du Bains des Pâquis, Genève, à 6h du matin.

Publicité