L'été ayant été saturé de films insignifiants pour ados américains, c'est avec soulagement que l'on reçoit cette alternative: un film d'ados toujours, mais anglais. Et qui trouve dans l'homosexualité un sujet plus intéressant que les éternelles questions de popularité et d'impopularité dans les collèges. Spécialité britannique? La question n'a pourtant rien d'insulaire, mais les Anglais ont le chic pour en parler mieux que quiconque en ce moment. A la fois frontalement, mais aussi avec tact et humour.

Dès la scène d'ouverture qui voit le héros Steve, 16 ans, attiré par les allées et venues dans les WC du parc, on devine un film qui ne va pas tourner autour du pot. Steve sait depuis cinq ans qu'il est homosexuel, mais n'a osé le dire qu'à Linda, une voisine boulotte. A la maison et à l'école, où l'homophobie va de soi, personne n'est au courant. Le jour où il croise dans ces fameux WC l'athlète du campus, officiellement fiancé mais encore plus gêné que lui, tout va basculer et le masque s'avérer intenable.

D'un côté, le scénario (adapté par Patrick Wilde de sa pièce à succès What's Wrong With Angry?) pourra paraître un peu didactique et la réalisation de Simon Shore (pour son premier long métrage) bien sage en dehors d'une scène de bal étonnamment filmée. Mais de l'autre, la sensibilité de la direction d'acteurs et le souci de réalisme sont tout à fait admirables. Comme Beautiful Thing (Hettie MacDonald, 1996), Get Real prône une saine acceptation de sa différence. Là où il dépasse cette sympathique romance gay, c'est en se refusant à un happy end en forme de bain de tolérance cosmique: ceux qui ne peuvent pas dépasser leurs inhibitions devant la dictature de la normalité continueront eux aussi d'exister.

On pourra toujours gloser sur le pouvoir de persuasion d'un tel cinéma. Mais il ne fait aucun doute que son impact émotionnel, utilisé à bon escient, fait plaisir.

Comme un garçon (Get Real), de Simon Shore (GB 1998), avec Ben Silverstone et Charlotte Brittain.