électro

Sinner DC, nocturne électronique

Le trio genevois poursuit son voyage en territoire minéral avec un album nécessaire

Genre: électro
Qui ? Sinner DC
Titre: Future That Never Happened
Chez qui ? (Mental Groove Records/Namskeio)

C’est un décor connu, Sinner DC en a planté l’essence il y a plus de deux ans avec un album, Crystallized, qui résiste depuis dans le rayon des indispensables. Ses lignes fluides et ses paysages espacés, on les retrouve aujourd’hui intacts, dans une nouvelle œuvre en dix étapes qui égale la beauté lunaire parue en 2009. Le trio genevois revient donc et consolide sa position d’entité à part sur la scène helvétique. Il déploie une fois encore un langage sonore qui a acquis le statut de signature immédiatement reconnaissable. Pour évoquer Future That Never Happened, il faudrait s’arrêter sur le prologue, «Endless Valley», un titre qui dit tout ou presque du souffle profond qui traverse l’album.

Paysagiste et atmosphérique à la fois, le morceau confirme un sens de l’évocation qui confine au cinématographique: le territoire qui se dessine d’entrée est minéral, vaste et apaisé. Il prend forme avec des nappes électroniques souvent mystérieuses, presque toujours nocturnes, dont la consistance brumeuse est portée par des guitares anxieuses. Sinner DC le revendique volontiers, ses sources d’inspiration il les tient aussi des grands classiques de science-fiction qui ont envahi les grands écrans dans les années 1970 et 1980. Le voyage dans ce futur imaginé autrefois, ce rétrofuturisme, est accompagné par d’autres influences (le krautrock, la robotique de Kraftwerk…). Il est surtout servi par un soin maniaque pour les sons et leurs textures. Future… révèle une dramaturgie intense. C’est un présent qu’il faut cueillir absolument.

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