Une semaine dans la vie d’un atelier de plomberie barcelonais. Lundi matin débarque Mohamed, un Marocain motivé mais qui ne comprend pas très bien le catalan. D’emblée, Valero se braque, il ne pourra pas travailler avec Mohamed, assure-t-il. C’est sa femme, qui dirige la petite entreprise, qui a été convaincue par son CV. Car il faut bien remplacer Pep, qui s’est enfin décidé à prendre une retraite bien méritée. Mardi, mercredi, les jours passent, Valero demeure bourru, Mohamed s’applique, Pep est toujours aussi méticuleux que jovial…

Le père de Neus Ballús était plombier. C’est en souvenir des innombrables histoires qu’il lui racontait que la cinéaste a écrit et réalisé Sis dies corrents, un film qui commence sur une tonalité résolument comique, à l’improbable trio de plombiers venant s’ajouter les locataires parfois excentriques qu’ils rencontrent lors de leurs interventions. Mais il y a aussi dans le récit une indéniable dimension sociale. Précarité des travailleurs, solitude, migration, beaucoup de thèmes sont présents sans être forcément explicités.

Sis dies corrents se déroule donc, comme son titre l’indique, en six jours. C’est également un film court, moins d’une heure trente, qui, au sein d’une compétition locarnaise souvent portée par des œuvres esthétiquement fortes ou narrativement expérimentales, séduit par sa simplicité et sa linéarité. Mais c’est aussi un film, revers de la médaille, qu’on aura dès lors probablement déjà oublié en fin de festival.