A la faveur de cette pandémie, un nouveau service public est né. On frise même le nouveau droit humain. Mercredi, quand le Conseil fédéral s’est exprimé, une onde de soulagement, d’incrédulité émue, d’euphorie presque, a parcouru le pays. Je veux parler bien sûr de l’annonce de l’ouverture des terrasses le 19 avril. On a bien compris, à entendre les réactions des restaurateurs et des cafetiers, que la mesure s’adressait en premier lieu au public, histoire de détendre l’atmosphère et de rendre l’attente du vaccin moins pénible. Qui dit service public dit financement public. On est persuadé que la Confédération sera à la hauteur de l’enjeu.

La fable du Perrier-citron

En parlant de terrasses, un épisode infime m’a marquée de façon indélébile. J’étais à Paris avec une amie et sa mère pragoise, en visite. Nous traversions à pied la place de la Bastille en zigzaguant à travers les tables des cafés. Je vous parle des lointaines années 2000 ou de la toute fin des années 1990. Le concept de base de tout café parisien qui se respecte est simple et immuable: faire de l’accessoire le principal. La terrasse est l’épicentre, le cœur battant du lieu. Au point que l’on en oublie presque qu’un comptoir avec des percolateurs ultra-bruyants se tient tapi là-bas, loin, très loin, par-delà l’océan de tables et de chaises, alignées comme au spectacle.