Spectacle

Soirées électriques en vue au Théâtre de Vidy

Le directeur de l’institution lausannoise, Vincent Baudriller, lève le rideau sur une deuxième partie de saison où régneront Christoph Marthaler, Stefan Kaegi, Martin Zimmermann, entre autres figures de la scène européenne

Et s’il était en train de gagner sa Coupe Davis? Oui, comme Yannick Noah et l’équipe de France ce week-end. Lundi, Vincent Baudriller n’a pas seulement dévoilé la deuxième partie d’une saison riche d’une vingtaine de spectacles – et pas des moindres. Le directeur du Théâtre de Vidy a martelé la bonne nouvelle. Depuis septembre, le public répond à l’offre, remplissant à 85% en moyenne les quatre salles de l’institution lausannoise, affirme-t-il. «Certains soirs, on refuse du monde», s’emballe le capitaine de l’équipe de Vidy.

Une partie des aficionados de l’époque de René Gonzalez ne vient plus, certes. Le nombre d’adhérents n’est que de 2500 – naguère, il se montait au double. Mais, les soirs de spectacle, une foule plus mélangée se presse dans le foyer. «Il faut trois, quatre ans pour qu’un projet trouve son assise», souligne Vincent Baudriller. La suite de la programmation devrait accentuer l’élan.

Lars Eidinger, une star pour «Richard III»

Les cinq immanquables? On se mouille. Richard III d’abord, empoigné avec l’énergie d’un garçon boucher – boucherie de première classe – par Thomas Ostermeier, qui sait l’art de dégraisser les grandes pièces classiques. Adulé à la Schaubühne de Berlin – et partout où il se produit –, Lars Eidinger incarne ce tordu de Richard – aux dernières nouvelles, il reste des places à l’Opéra de Lausanne, du 11 au 13 janvier.

Un tour en camion avec Stefan Kaegi

Le cheval de Richard III ne vous convient pas? Montez dans le camion semi-remorque de Stefan Kaegi, cet artiste d’origine soleuroise qui invite à considérer les choses de la vie avec des lunettes sceptiques et amusées. Dès le 1er février – et jusqu’au 23 mars –, il propose une virée dans l’Ouest lausannois, deux heures sous la conduite de deux conducteurs, l’un congolais, l’autre suisse. Le concept? A la tombée de la nuit, une cinquantaine de spectateurs prennent place sur un gradin planté à l’intérieur du véhicule. Devant les voyageurs, la ville défile sous une lumière inédite, filtrée par une réflexion sur les transports en tout genre entre l’Afrique et la Suisse. Cargo Congo-Lausanne relève de l’ethnologie poétique.

Des histoires de palace

La géographie du Valaisan Mathieu Bertholet est plus alpine. L’actuel directeur du Poche à Genève s’est inspiré d’une nouvelle de Marguerite Yourcenar pour écrire Luxe, calme. Il s’est penché sur la fortune de ces palaces autrefois florissants: et s’ils se muaient en paradis très artificiels pour candidats au suicide? Une dizaine d’acteurs jouent les résidents de la dernière heure, pour l’une des productions romandes les plus ambitieuses du printemps – du 8 au 18 mars.

Le retour de Christoph Marthaler

Sacré Christoph Marthaler. Le plus mélomane – et burlesque – des metteurs en scène helvétiques est de retour à Vidy. Il y présentera Tiefer Schweb, une certaine idée de la Suisse et du monde, mais vue d’en bas. Quelque 243 mètres sous le lac de Constance, des experts en flux migratoires glosent, en musique, sur le sort de l’Europe – les 23 et 24 mars.

Un air de bateau ivre

Un petit verre en apothéose. C’est la proposition du Français Sébastien Barrier, les 5 et 6 mai. Des vignerons du Val de Loire feront déguster leurs crus tout en offrant, en guise de flacons, un peu de leurs légendes.

Le tonneau déborde? On pourrait encore citer Eins Zwei Drei, hommage aux clowns signé Martin Zimmermann, ou le retour de Jérôme Bel et de Gala, cette symphonie fantastique pour danseurs amateurs. Ou Histoire du théâtre de Milo Rau… A Vidy, certains soirs seront brûlants comme une finale de Coupe Davis.


Théâtre de Vidy, Lausanne.

Publicité