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De «Solo: A Star Wars Story» au Chinois Bi Gan: soudain, le relief

A Cannes, le blockbuster «Solo: A Star Wars Story» n’a pas été projeté en 3D, au contraire du film d’auteur chinois «Un grand voyage vers la nuit». Une œuvre sidérante, envoûtante

Jusqu’au 19 mai, le hashtag #Cannes2018 sera l’un des plus utilisés sur Twitter. Chaque jour, parmi les milliers de gazouillis générés par le festival, «Le Temps» en retient un, prétexte à parler de Cannes, du cinéma, mais pas seulement.

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Alors que les journalistes ayant répondu présents à l’appel du blockbuster s’attendaient à recevoir une paire de lunettes 3D avant la projection de Solo: A Star Wars Story, surprise, la spin-off consacrée à l’un des personnages emblématiques du space opera créé par George Lucas a été montré en deux dimensions. Tant mieux, le film étant tellement laid, aussi narrativement pauvre qu’esthétiquement insignifiant, que le voir en relief aurait été pire encore. Surprise aussi, quelques heures plus tôt, pour les critiques qui trépignaient à l’idée de découvrir Un grand voyage vers la nuit, le deuxième long métrage du Chinois Bi Gan: pour cette projection-là, il fallait se munir de lunettes 3D.

«Ceci n’est pas un film en 3D», indique alors un avertissement avant le générique: pour suivre le personnage principal dans ses aventures, il faudra à un moment donné, comme lui, mettre ses lunettes. Débute ensuite un film superbement photographié, qui se passe essentiellement de nuit, et souvent sous la pluie. Bi Gan use de focales courtes, il y a peu de profondeur. Luo revient dans sa ville natale, qu’il avait fuie, pour tenter de retrouver une femme aimée. De là démarre un jeu de piste qui, soudainement, va basculer. Le héros pénètre dans une salle de cinéma et enfile des binocles 3D…

La dernière heure du film est stupéfiante, hypnotique. Il s’agit d’un unique plan-séquence en relief dans lequel on va suivre Luo dans une mine, puis sur une route de campagne, enfin le long d’une tyrolienne et dans le labyrinthe d’une cité en ruines. On a rarement vu une utilisation aussi intelligente de la 3D. Il y a chez Bi Gan des influences évidentes: Wong Kar-wai, David Lynch. Mais surtout une originalité qui manque à trop de films d’auteurs.

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