«Welches» de tous pays unissez-vous! Dédié à une communauté romane – environ 1000 personnes – nichée au cœur des Vosges alsaciennes, le dernier album solo de Rodolphe Burger devrait faire un tabac auprès du public romand. On n'est pas Indiens, c'est dommage piste en effet des cousins alsaciens qui n'ont rien de germain et dont le dialecte rappelle certains patois vaudois ou valaisans.

Après avoir ouvert la voie de l'album solo avec Cheval Mouvement en 1993, collaboré au Danger pour Françoise Hardy et à Fantaisie militaire pour Bashung, dévoyé le rappeur Doctor L sur Meteor Show, puis assumé l'habillage sonore du tramway de Strasbourg, le leader de Kat Onoma s'est cette fois-ci associé à l'écrivain Olivier Cadiot pour une plongée en pays «welche» (littéralement «non allemand»).

La démarche est peut-être insolite, mais elle n'a rien d'exotique: le studio de répétition de Kat Onoma se cache depuis toujours sur les rives de la Lièpvrette, au cœur du pays «welche». C'est donc en voisin que le duo est parti à la conquête de la matière première de On n'est pas Indiens… Un projet conçu à l'été 1999 pour le festival Babel!, plus proche du reportage artistique que des galettes labellisées «ethno». Publiés en format CD par le label nancéen Ici d'ailleurs, les cinq titres de cette performance – plus une vidéo de six minutes – trouvent leur cohérence entre cloisonnement urbain et grands espaces, chant de veille et maelström électronique. Autour des voix samplées de Madame Rosa ou de Monsieur Humbert, Burger tisse une trame musicale où se croisent des titres anciens réinterprétés («C'est dans la vallée», «Try to understand»), des chants «welches» («Tante Elisabeth», «Zo Love») et une complainte navajo, palpitant ovni musical qui donne son nom et un supplément d'étrangeté à cet album de Mohican.

Rodolphe Burger & Olivier

Cadiot: On n'est pas Indiens, c'est dommage (Ici d'ailleurs/Disques Office).