Certains jours, on peut avoir l’impression de circuler dans un film dont on n’aurait pas compris le scénario. Ainsi l’autre matin, je marchais avec mon père, fringant octogénaire, devant l’entrée de l’hôpital de Genève où je l’accompagnais pour un contrôle de routine. Nous étions tous deux masqués comme il se doit. Soudain, une jeune femme, masquée elle aussi, pleine d’assurance, visiblement pas une patiente, nous dépasse en allant vers la porte automatique. Au passage, elle lance à mon père un salut plein de déférence et de connivence tout à la fois, chaleureux. Surpris, mon père balbutie quelque chose et puis se ressaisit tandis que la jeune femme est déjà loin. «Je ne la connais absolument pas. Elle a dû me prendre pour un prof…», me glisse-t-il.