piano

Sonate opus 7, de Beethoven

Le maître de Martha Argerich, prétendument; la légende veut que les deux pianistes ne se soient vus que quelques fois, avant de se résoudre à leurs incompatibilités personnelles et musicales. Comme Pogorelich, Arturo Benedetti Michelangeli respire l’excentricité, mais il drape son génie dans une élégance de dandy et une perfection technique obsessionnelle, contrôlant ses moindres gestes dans l’interprétation tout comme son apparence à l’instrument. Sous la rigueur formelle, il y a pourtant une férocité rare qui rugit en filigrane. En la matière, la Sonate opus 7 de Beethoven fait figure d’exemple, racée, étincelante, d’une construction parfaite, et pourtant constamment au bord du gouffre. Jubilatoire.

Publicité