En début de semaine, Hervé Le Tellier s’est vu décerner le Prix Goncourt pour L’Anomalie. Mais pas de surprise, aucune anomalie, il était le grand favori. Plus surprenant fut le couronnement il y a quarante-cinq ans d’Emile Ajar, récompensé pour La Vie devant soi, son deuxième roman. Car Emile Ajar, mais personne ne le savait alors, c’était Romain Gary. Et celui-ci avait déjà raflé le Goncourt 1956 – une récompense qu’un auteur ou une autrice ne peut obtenir qu’une seule fois – pour Les Racines du ciel. La mystification ne sera révélée par Gary qu’après son suicide, en 1980.