Ils sont sept, comme les sept jours de la semaine, bien alignés dans un coffret. Parce que Sophie Calle est méthodique. Ils sont de couleurs et de tailles différentes. Parce que Sophie Calle est imprévisible. Vingt-deux ans après la première parution, Actes Sud publie une édition augmentée de Doubles-Jeux, savoureux dialogue entre l’artiste française et l’écrivain américain Paul Auster. Toujours un régal.

L’histoire a commencé avec la publication de Léviathan en 1992. Paul Auster y raconte une héroïne, Maria, aux lubies inspirées de l’œuvre de Sophie Calle. Maria suit des inconnus dans la rue et les photographie, Maria envoie chaque année un joli vêtement à un bel homme croisé un soir et très mal fagoté, Maria se fait embaucher comme femme de chambre et inventorie les effets des clients, Maria enquête sur un individu à partir des contacts trouvés dans un calepin égaré, etc. Chacune de ces initiatives correspond à une série de Sophie Calle: A suivre... ou Suite vénitienne pour les filatures, La Garde-robe pour le conférencier mal habillé, L’Hôtel pour la femme de ménage fouineuse, Le Carnet d’adresses pour l’investigation téléphonique, etc. Et les petits ouvrages compilés dans Doubles-Jeux reprennent ainsi les projets évoqués par Auster et réalisés par Sophie Calle.