«De ma petite Sophie, je garde ce mélange de beauté, de rire, d'enfance.» L'image hommage est de Jean-Loup Dabadie, ex-auteur de sketchs et ami de Sophie Daumier. Actrice de cinéma et de théâtre discrète, humoriste éphémère devenue célèbre grâce à ses duos comiques avec Guy Bedos – son époux de 1965 à 1977 – cette blonde à l'allure gracile s'est éteinte mercredi à Paris. Des suites d'une maladie génétique rare, nommée Huntington. Elle avait 67 ans, s'était essayée sans trop de succès à la chanson fantaisiste, avait consigné ses souvenirs de comédienne et révélé le harcèlement moral qu'elle a subi auprès de Bedos dans Parle à mon cœur, ma tête est malade.

L'ouvrage retrace ses débuts sur le grand écran au mitan des années 50 avec Paris canaille, après qu'elle eut suivi les cours de Pierre Dux, dansé le french cancan au sein d'une troupe et sévi à la radio sous le pseudo Betty Leyne. La jeune Elisabeth Hugon de son vrai nom, née à Boulogne-sur-Mer, enchaîne ensuite les apparitions fugitives dans une quinzaine de films jusqu'en 1965 et rencontre en chemin Guy Bedos sur le tournage de la comédie musicale Dragées au poivre. Tous deux formeront dix ans durant un inséparable tandem comique, notamment responsable du mémorable «La drague». Après deux derniers rôles au cinéma en 1978, Une Histoire simple de Claude Sautet et Les Givrés d'Alain Jaspard, Sophie Daumier quitte la scène.