Le Sucre de Cannes recense chaque jour les détails bizarres ou cocasses qui font le sel du Festival de Cannes

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Bien sûr, en 1928, Buster Keaton tournait Le Cameraman ou les mésaventures d’un reporter d’actualités cinématographiques. Le cinéma qui se prend pour sujet n’est pas franchement une nouveauté, Billy Wilder (Boulevard du Crépuscule), Robert Altman (The Player) ou David Lynch (Mulholland Drive) peuvent en témoigner. A en croire les titres en Compétition, la figure du film dans le film est très prisée, un peu trop peut-être. Les héros de The Dead Don’t Die entendent «la chanson du film» à la radio. Pedro Almodóvar rumine la douleur et la gloire ressentie par un cinéaste vieillissant qui lui ressemble. C’est une actrice de cinéma qui s’interroge sur le sens de la vie dans Frankie. Tarantino plante sa caméra au cœur de l’industrie dans Once Upon a Time... in Hollywood. Et la psychiatre d’une comédienne finit sur le plateau de tournage dans Sibyl

La mise en abyme est un procédé vertigineux susceptible d’inspirer de grandes œuvres. Mais trop s’observer le nombril traduit peut-être un manque de curiosité ou d’inspiration, voire une forme de paresse. Il suffit d’un petit pas de côté, un dessin dans Le Portrait de la jeune fille en feu, l’objectif d’une petite caméra dans Matthias et Maxime pour retrouver la vivacité du regard, relancer le romanesque et allumer les feux de la passion.