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Belinda Bencic lors de son match contre Alison Riske, Wimbeldon, Londres, 5 juillet 2018.
© Nic Bothma/EPA

Tennis

Le sourire retrouvé de Belinda Bencic

Tennis La Saint-Galloise se qualifie pour le troisième tour de Wimbledon. C'est terminé en revanche pour Stan Wawrinka

Deux Suisses étaient en lice jeudi à Wimbledon. Stan Wawrinka et Belinda Bencic (dans l'ordre d'apparition plutôt que celui de la bienséance) ont connu des fortunes diverses. Sur le court N°2, qu'autrefois on surnommait le «cimetière», Wawrinka fit son apparition à 13h20, suivi par Thomas Fabbiano. Le tableau de marque indiquait déjà 7-6 6-3 5-6 30-30 pour Fabbiano, car la partie avait été interrompue la veille par la pluie puis par l'obscurité. A 13h25, l'Italien servit et, deux points plus tard, obtint un tie-break presque incongru en ces circonstances, alors qu'en surplomb voletait le léger cliquetis des couverts du restaurant des joueurs.

Stan Wawrinka, dont la réputation de «diesel» (il lui faut d'ordinaire une longue mise en route) n'est plus à faire, se devait d'être à son meilleur d'entrée. D'autant que son adversaire, mis en confiance par des premières frappes réussies, semblait n'avoir jamais arrêté le match de la veille. Le Vaudois mena 3-1, perdit les trois points suivants, renversa la vapeur pour obtenir deux balles de set à 6-4, les rata toutes et perdit finalement le jeu décisif 8-6 sur la première balle de match (7-6 6-3 7-6). Il était 13h37 et il pouvait quitter le court après seulement douze minutes de jeu avec le regret d'avoir raté sur les deux jours huit balles de set (quatre dans la première manche, deux dans la troisième manche mercredi et deux dans le tie-break).

Besoin de jouer, et de gagner

Tant qu'à faire vite, il enchaîna immédiatement avec la conférence de presse. Se contenant dans la première partie en anglais, il n'eut plus la force ni l'envie de faire semblant lorsque les questions passèrent en français. «J'ai merdé sur deux balles de set hier soir [mercredi], et aujourd'hui, cela va très vite», résuma-t-il. Visiblement très déçu, il semblait avoir oublié son très bon premier tour contre la tête de série numéro 6 Grigor Dimitrov au premier tour. «Oui, c'est vrai, c'était bien. Physiquement, je me sens complètement rétabli mais j'ai besoin de jouer des matchs et d'enchaîner des victoires. Cela fait un an que je me bats pour revenir... J'ai envie d'aller plus loin, c'est frustrant de devoir partir.»

Belinda Bencic était programmée sur le court N°16, l'un des quatre terrains contigus alignés entre le Centre Court et le Court N°1 comme une rangée de semi-detached houses entre deux manoirs victoriens. Une sorte de retour à l'ordinaire pour la jeune Saint-Galloise après son exploit du premier tour face à la Française Caroline Garcia. En sport, le plus dur est toujours de confirmer. Classée au 60e rang mondiale par la WTA, son adversaire, l'Américaine Alison Riske, était d'autant plus dangereuse que son style manquant singulièrement de coordination et de fluidité se révélait mystérieusement d'une remarquable efficacité. Alors que les échanges - principalement des frappes puissantes de fond de court - étaient le plus souvent équilibrés, l'Américaine empochait très facilement la première manche (6-1).

Quatre balles de match sauvées

Elle mena même 3-1 dans la deuxième manche mais Belinda Bencic s'accrocha, vivant au final une expérience totalement inverse à celle de Wawrinka: un match extrêmement long (2h24), quatre balles de match sauvées dans le tie-break du deuxième set (remporté 12-10) et la jolie satisfaction d'avoir retourné la situation à la fin (1-6 7-6 6-2). Comment, au fait? «Je ne sais pas trop, avoua-t-elle. Sur certains points clé, je suis restée dans la partie et je ne l'ai pas laissée s'échapper.»

A défaut de changer de tactique, Bencic s'accrocha et cela finit par payer. Au bord du terrain, ses parents appréciaient la performance sans se prendre pour le coach. Ce rôle est désormais attribué au Slovaque Vladimir Platenik, connu pour avoir obtenu de bons résultats avec des filles de l'Est (Cibulkova, Kasatkina). La petite cellule semble fonctionner et Belinda Bencic, qui visiblement apprécie cette stabilité retrouvée, a tout pour bien faire. La Suissesse, qui n'avait plus passé deux tours en Grand Chelem depuis l'US Open 2016, peut maintenant rêver de se retrouver en deuxième semaine. Il faudra pour cela battre samedi l'Espagnole Carla Suarez Navarro, tête de série numéro 26.

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