Ce week-end, les Journées européennes du patrimoine (JEP) invitent les Suisses à découvrir «un monde sous nos pieds». Le thème permet de visiter tant des fouilles archéologiques que des caves vigneronnes, des loges maçonniques ou des réduits militaires. Patrimoine suisse Genève, qui a pour but de «préserver le patrimoine bâti de différentes époques et encourager une architecture moderne de qualité dans le cadre de nouveaux projets», apporte régulièrement sa petite contribution aux JEP. Mais, dans le dernier numéro de sa publication, Alerte, on découvre qu’elle a cette fois renoncé, fâchée de se voir bâillonnée sur un sujet polémique.

L’association organisait un débat sur la conservation, la réhabilitation et la restauration du patrimoine souterrain. Il y était question de piscines, de bibliothèques, du Musée d’ethnographie agrandi en sous-sol… et du Musée d’art et d’histoire. Or on sait que Patrimoine suisse Genève milite pour remplacer le projet officiel de Jean Nouvel (une construction en transparence dans la cour du musée) par des extensions souterraines. A l’Etat comme à la Ville, Direction et Conservation du patrimoine ont demandé que ce dernier sujet soit supprimé. En parfait ­accord avec Babina Chaillot Calame, responsable cantonale du programme, Patrimoine suisse Genève a donc abandonné son débat tronqué.

«Un monde sous nos pieds» est un thème magnifique, mais pas partout ni pour tous. On espère tout de même que certaines personnes auront bientôt soigné leur phobie des souterrains pour répondre placidement aux questions des élus municipaux mais aussi du grand public dans le cadre d’un très probable référendum.