Arrivé en décembre à Genève, Armand Gatti et son équipe auront présenté trois productions. L'une au tout début de l'année, les deux autres ce week-end. Budget de l'opération: un million cent mille francs. La somme a été avalée par les coûts de fonctionnement (administration, location de salles, etc.). Un million de francs, c'est grosso modo le budget strictement artistique de deux spectacles pour une institution théâtrale ou d'un seul au Grand Théâtre de Genève.

La façon dont une partie du financement de l'opération a été obtenue, est aujourd'hui contestée par la presse (L'Hebdo, 1er juillet). Guy-Olivier Segond, conseiller d'Etat en charge du Département des affaires sociales, est visé. Le magistrat a en effet versé 500 000 francs dans l'aventure. Pour ce faire, il a puisé dans la réserve spéciale dont est doté l'Hospice général pour parer aux dépenses urgentes ou non prévisibles lors de l'établissement du budget. L'Hôpital cantonal dispose également d'une telle réserve, qui est un pourcentage de la subvention totale mise à disposition du magistrat. Il décide seul de l'imputation des sommes qu'il prélève. «Le procédé n'est absolument pas caché. Le rapport des comptes 1998 contient tout le détail de l'utilisation de cette réserve», précise calmement le magistrat. Les utilisations sont nombreuses. A l'apparition des trithérapies contre le sida par exemple, la réserve de l'hôpital a permis de pallier la lenteur administrative. La même réserve a financé un film sur l'Hôpital cantonal par Richard Dindo. «Un conseiller d'Etat est membre du pouvoir exécutif, il est élu pour prendre des décisions. C'est ce que l'on me reproche», conclut le magistrat. Un audit a néanmoins été demandé par l'Hospice général. Affaire à suivre.

L. K.