Le président l’a voulu, les comiques l’ont fait – aux Etats-Unis ces temps, il arrive que ce soit le contraire. A peine la United States Space Force a-t-elle été constituée, il y a quelques mois, qu’elle a sa parodie. Dévoilée vendredi par Netflix, Space Force ne s’embarrasse pas de complications programmatiques. Son titre dit bien que l’on va se bidonner à propos de la création militaire de Donald Trump.

Le général qui mise sur un singe

Cocréée par Steve Carell avec le scénariste Greg Daniels, la série s’axe sur son personnage de général sérieusement à côté de la plaque, à qui échoit le commandement de la nouvelle unité au grand dam de son ennemi de toujours dans l’état-major (qu’incarne un Noah Emmerich en grande pantalonnade). Le chef emménage sur le campus de la force spatiale avec sa fille. La mission est claire: protéger les engins spatiaux des Etats-Unis, surtout les satellites les plus précieux. Au reste, le directeur scientifique (John Malkovich, coincé jusqu’au gilet) pousse toutes sortes de recherches dans le budget de la faction fraîchement créée, jusqu’à l’analyse du métabolisme des rats – ça peut servir.

La démonstration de l’utilité de la structure survient vite, puisqu’un vilain vaisseau chinois a coupé les voiles solaires d’un appareil de l’Oncle Sam. Le général opte pour une manœuvre de sauvetage reposant sur la méticulosité d’un singe.

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Des moments de satire des pouvoirs

Space Force commence fort, même si elle a quelques temps morts. Les créateurs ont choisi de ne pas présenter le président à qui on doit ce foutoir, sans doute une bonne idée – le feuilleton serait parti dans un autre registre. Là, on reste dans la satire d’un lieu de pouvoir, non loin de la sitcom, on peut songer à la vétérane Spin City.

Les épisodes ont leurs moments de grands rires, surtout quand il est question des pouvoirs: les réunions de l’état-major ou les parlementaires (dont une Mme Pitosi). Ces îlots de bonne parodie sont reliés par des aventures moins ricanantes et moins captivantes, mais qui étoffent l’univers loufoque du nouveau bras armé de la première puissance mondiale. Fidèle à sa méthode dans le comique, Steve Carell tente de donner un aspect attachant à son personnage, malgré ses bourdes, à travers sa solitude constante et ses relations houleuses avec sa fille. Ce qui enrichit une comédie politico-militaire plaisante.

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«Space Force». Série en 10 épisodes de 35’ environ, disponibles sur Netflix.