Spider-Man est une des figures de proue de Marvel. Mais ses droits d’adaptation appartiennent à Sony qui les avait acquis avant la déferlante des superhéros. Au terme d’âpres négociations, l’homme-araignée est enfin autorisé à rentrer à la maison. Après une première apparition dans Captain America: Civil War, il a droit à son blockbuster privé.

Le personnage ayant déjà fait l’objet de cinq films au XXIe siècle, la plaisante trilogie de Sam Raimi (2002-2007) et l’exécrable reboot de Marc Webb (2012 et 2014), c’est sans impatience qu’on attend cette nouvelle mouture. Or Spider-Man: Homecoming est très réussi. Sous la houlette du producteur Kevin Feige, Marvel a le don de produire de grands spectacles panachant premier et second degré, humour et spéculations pessimistes sur la société.

La mise en place frappe par son intelligence. Nul besoin de montrer encore une fois la piqûre d’araignée atomique qui fit d’un gringalet un surhomme. L’histoire est connue. L’enjeu consiste à insérer le personnage dans la trame d’une saga comptant déjà quinze titres.

L’action commence en 2012, peu après que les Chitauris ont ratiboisé New York (Avengers). Des ferrailleurs conduits par Adrian Toomes (Michael Keaton) récupèrent les pièces des vaisseaux extraterrestres crashés. Le gouvernement leur retire le job. Ils en conçoivent de la haine.

On saute en 2016 avec les vidéos que réalise le jeune Peter Parker/Spider-Man à Berlin où Tony Stark/Iron Man l’a convoqué pour prêter main-forte à son combat contre une faction rebelle des Avengers (Civil War). Ces antécédents posés, voilà Peter Parker (Tom Holland) en 2017, rêvant de trouver sa place au sein des Avengers. Or Tony Stark n’est pas pressé de le recontacter. Le lycéen glande avec son pote Ned, un geek obèse, se morfond pour la belle Liz et, la nuit venue, enfile son costume pour arrêter des voleurs de vélos.

Ailes métalliques

Une grosse affaire se présente lorsqu’il surprend des casseurs de bancomats munis de chalumeaux à antimatière… Au cours des dernières années, Adrian Toomes n’est pas resté inactif: avec les épaves chitauris et les débris de l’armée d’Ultron (Avengers: L’Ere d’Ultron, 2015), il conçoit des armes futuristes qu’il vend aux truands. Il s’est bricolé de grandes ailes métalliques incluant un rotor et fend le ciel nocturne sous le nom de Vulture…

Si les scènes d’action s’avèrent forcément longuettes et bruyantes, les interactions des personnages sont savoureuses et l’humour délectable. Ned disserte savamment sur le rôle de faire-valoir qu’il s’est attribué. Réputé pour son immaturité, Tony Stark endosse un rôle paternel qu’il peine à assumer. Quant à Captain America, on ne le voit que dans les vidéos édifiantes qu’il enregistre à l’intention de la jeunesse…


Spider-Man: Homecoming, de Jon Watts (Etats-Unis, 2017), avec Tom Holland, Michael Keaton, Robert Downey Jr., Marisa Tomei, Jon Favreau, 2h17.