«Reboot» ou «remake»? Voilà bien la seule question que risque de se poser le spectateur du nouveau Spider-Man, dix ans après le début de la trilogie de Sam Raimi avec Tobey Maguire, et cinq seulement après sa fin. Le changement de personnel voulu par les mêmes producteurs (Columbia/Marvel) plaide pour la première hypothèse, la quasi-similitude de l’intrigue pour la seconde. Quant à la hâte avec laquelle a été lancé ce projet, pour presser le citron jusqu’au bout, elle décourage toute velléité d’analyse.

Reprenons donc. Abandonné par ses parents, Peter Parker a été élevé par son oncle et sa tante. Au lycée, il souffre d’être impopulaire. En retrouvant à la cave une mallette ayant appartenu à son père, il se lance dans une quête pour élucider la disparition de ses parents qui le conduit chez le docteur Curt Connors, ancien associé de son père aujourd’hui employé chez le géant de la biotechnologie Oscorp. C’est là qu’exposé à des expériences sur des araignées il se découvre des superpouvoirs. Suite à l’assassinat de l’oncle Ben dans la rue, il invente le personnage du justicier Spider-Man. L’occasion de prendre sa revanche personnelle ou de se rendre utile à la communauté, dans le cadre de la loi ou non…

Un grand pouvoir, etc.

Une légère impression de déjà-vu, limite vieillot? Ce ne sont pourtant pas moins de trois scénaristes grassement payés qui ont concocté ce nouveau départ, Steve Kloves (Harry Potter) amenant sûrement la variante d’une quête des origines à rallonges potentielles. Quant au réalisateur, le jeune prodige du clip Marc Webb, il a tissé sa toile sans accroc. Mais on y cherche en vain l’originalité qui nous avait enchantés dans sa comédie anti-romantique (500) Days of Summer (2009).

Plus conventionnel, tu meurs! Le casting paraît bon mais sans génie; le ton est sérieux et moralisateur; la 3D ne se remarque que dans les scènes de vol à travers Manhattan. En fait, la meilleure surprise de cette teenage fantasy vient encore de la romance, sensible, qui réunit cette fois Peter Parker et Gwen Stacy, fille du chef de la police (et qui s’est prolongée dans la réalité pour Andrew Garfield et Emma Stone).

Bref, on regarde tout ceci distraitement en se demandant – sans doute comme nos (grands-)parents pour le western – si on ressortira un jour de ce genre surreprésenté. Ah, si seulement The Dark Knight Rises de Christopher Nolan pouvait clore le cycle et enterrer avec lui tous les super-héros pour un bon bout de temps!

V The Amazing Spider-Man – 3D, de Marc Webb (USA 2012), avec Andrew Garfield, Emma Stone, Rhys Ifans, Denis Leary, Martin Sheen, Sally Field, Irrfan Khan, Campbell Scott. 2h16.