Le Festival Spielact, qui lance ce mercredi à Genève sa nouvelle édition, se présente comme un éphémère et vaste laboratoire pluridisciplinaire dédié aux différentes hypostases de la notion de genre. Il alignera pendant quelques jours les performances, les installations (ainsi, sur l’Île Rousseau, une réinterprétation des parcours Vita, par Bertille Laguet), les conférences, les tables rondes, les jeux (au sens strict du terme) et les jeux de pistes (dans les rues genevoises) à la recherche des expressions de la non-binarité.

Spielact traque aussi, et ceci affûte particulièrement nos oreilles, l’heureuse indétermination des genres musicaux et ce que ce parti pris de brouillage volontaire peut faire naître comme escarbilles inattendues. Et on l’avoue, ses propositions sonores, à marauder dans le programme, étincellent d’imagination: le punk sous Ritaline des Argentins de Blanco Teta; Louise Roam, pour de l’electro de grandes plaines; des concassages joués et dansés entre le Burkina Faso et notre côté du monde (Alidou Yanogo, Aziz Ouedraogo et Johnny Haway); ou encore – comme un cube de sucre augmenté de citron noir – Anomalie Magnétique, très belle promesse de danse mécanique dans la pénombre.

On se permettra une dernière recommandation. Jeudi 30, amarrez-vous à l’Île Rousseau: Disqueur Gazouz – que l’on connaît pour avoir converti Genève, par le biais de son collectif Bisque, aux fracturations électroniques du Maghreb – mettra les baffles au régime rude. On nous promet un set qui tournera entre autres autour du souvenir de Cheb Terro, héraut bien trop tôt disparu, à 24 ans en mars 2021, de l’underground tunisien.

Spielact. Genève, du 29 juin au 3 juillet.