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Depeche Mode, «Spirit». (Columbia/Sony Music). En concert le 18 juin à Zurich, Letzigrund.
© Columbia Records via AP

pop 

«Spirit», musique puissante et textes engagés

Au long des 12 titres, les Anglais font ce qu’ils ont toujours fait: de la pop synthétique ornée de textes engagés

On est d’abord happé par ce piano qui annonce quelque chose de sombre, comme sur les ultimes enregistrements de Johnny Cash. Quelques notes appuyées pour dire que l’heure est grave. Puis vient cette voix, volontiers théâtrale, expressive toujours. Et ensuite cette rythmique binaire, qui martèle, et cette nappe de clavier qui enveloppe et apporte quelque chose d’organique à ce «Going Backwards», premier titre du quatorzième album de Depeche Mode. «Nous n’avons pas évolué, nous n’avons pas de respect, nous avons perdu le contrôle, nous allons à reculons en ignorant les réalités», chante Dave Gahan sur ce sombre et oppressant morceau inaugural. En quelques minutes, on a cette certitude: ce nouveau disque, alors que le trio aurait depuis longtemps pu poser les plaques, est déjà essentiel. «You Move», «Cover Me», «So Much Love», autant de titres qui s’imposent dès la première écoute.

Lire aussi: Depeche Mode, un album majeur pour une époque bouleversée


Tout au long des douze pistes qui composent Spirit, les Anglais n’essaient pas de prouver quelque chose, de se réinventer ou au contraire d’éprouver de vieilles recettes. Ils font simplement ce qu’ils ont toujours fait: de la pop synthétique parfois grandiloquente, mais qui sait aussi se faire intimiste, comme sur «The Worst Crimes», ballade lancinante qui évoque des leaders mal guidés et des lecteurs mal éduqués. Il y a vingt-sept ans, à l’époque du majeur Violator et de son inoxydable «Personal Jesus», on prenait Depeche Mode pour une machine à danser idéale pour enflammer les stades. C’était oublier qu’il s’agit aussi d’un groupe à texte. Il y a derrière la musique du gang à Gahan une conscience sociale et politique, une constante volonté de refléter l’époque. Quelque chose de très british, en somme. Plus loin, Gahan parle d’«appuyer sur la gâchette» («Scum»), affirme que «nos âmes sont corrompues, nos esprits sont foutus» («Fail»). C’est bien un constat d’échec qui sous-tend Spirit, album du chaos heureusement pas totalement exempt d’espoir, à l’image d’«Eternal», qui parle d’amour et de protection./Stéphane Gobbo


Depeche Mode, «Spirit». (Columbia/Sony Music). En concert le 18 juin à Zurich, Letzigrund. www.depechemode.com

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