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Pour la SSR, le défi du streaming

Canal + baisse ses prix et ajoute les chaînes suisses à son offre. Pour le service public, il est temps de proposer ses propres séries en catalogue, à tout moment

Pour Canal+ en Suisse, alors que la bataille des services en ligne se prépare, c’est la grande offensive. Jusqu’ici, hors promotions, la chaîne payante conservait un prix d’abonnement qu’on peut poliment qualifier de délirant, à 55 francs par mois. Elle lance à présent une offre agressive sur le marché, à 10 francs sans engagement.

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Le mouvement sur l’échiquier s’accompagne d’une nouveauté significative: dans MyCanal, la société proposera désormais aussi les chaînes de la SSR. Au début, ça trouble. Il est curieux de voir le logo des deux RTS avec Canal+ un peu plus bas. Comme deux mondes que tout opposait, et qui convergent par force. Le service public suisse y gagne un vecteur, et Canal+ renforce son attrait comme diffuseur globalisant.

Un patrimoine à disposition

Pour la SSR, s’agissant notamment de fictions, la manœuvre pose cependant un défi. L’ergonomie des canaux de type applications, sur ordinateur ou box TV, a ceci de plaisant qu’elle permet d’avoir un patrimoine récent à disposition, en un clic. Si l’on veut replonger dans la déjà vénérable Engrenages, lancée en 2005, on retrouve sans attendre l’ensemble des saisons. C’est l’équivalent pratique de ce que proposent Netflix ou Amazon avec leurs productions propres.

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Pas d'offre dans les apps

Chez les Suisses, pour l’heure, rien de tel. Sur le web ou dans les applications «play», on ne «play» rien du tout au chapitre des séries. Quartier des banques, en zone francophone, ou Der Bestatter (Le croque-mort) à la SRF, ont une maigre page d’accueil… vide. Et on ne parle que des créations les plus récentes.

La puissance de la diffusion permanente en ligne, le streaming, réside en particulier dans cette capacité à conserver l’offre ancienne. A fabriquer de vrais catalogues, au lieu de remplir des cases horaires avec des produits que l’on jette ensuite. Il est temps pour les chaînes de la SSR de s’y mettre, et de mieux valoriser ainsi leurs productions – y compris dans toutes les régions linguistiques. A quand Les Pique-Meurons visibles à tout moment du jour ou de la nuit depuis un canapé de Wuppenau?

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