Cinéma

«Stan & Ollie», deux hommes et des impairs

En 1953, alors que leur carrière cinématographique est au point mort, Laurel et Hardy entament une tournée des théâtres britanniques. Un biopic revient sur cet épisode méconnu pour célébrer l’amitié qui unissait l’Anglais et l’Américain

En avril 1937 sort Laurel et Hardy au Far West, qui voit le duo le plus célèbre du cinéma comique débarquer dans un saloon à la recherche d’une orpheline ayant hérité d’une mine d’or. Avant de passer les portes battantes, inspirés par quelques cow-boys musiciens, Stan et Oliver se lancent dans un pas de deux à la fois maladroit et gracieux, sorte de Ginger et Fred burlesques. La séquence utilise un trucage facile, celui de la transparence. Les deux comparses dansent devant un écran projetant une vue extérieure; on les croirait dans la rue animée d’un village de western alors qu’ils se trouvent en réalité dans les studios hollywoodiens de la Metro-Goldwyn-Mayer (MGM).

C’est sur le tournage de cette scène d’anthologie que s’ouvre Stan & Ollie, le biopic que consacre l’Ecossais Jon S. Baird à deux comédiens qu’on a parfois trop tendance à résumer au mémorable échange de tartes à la crème de La bataille du siècle (1927), alors que leur humour savait se faire aussi sauvage (Œil pour œil, 1928) qu’acrobatique (Vive la liberté, 1929) ou surréaliste (Y a erreur!, 1929). Le film démarre donc en 1937. L’Anglais Stan Laurel et l’Américain Oliver Hardy sont au sommet de leur carrière, leurs pitreries font le bonheur des spectateurs du monde entier.