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Les auteurs de «Stand-by» Daniel Vuataz, Aude Seigne et Bruno Pellegrino, portraiturés par Frédéric Pajak.
© Frédéric Pajak

Livres 

«Stand-by», le feuilleton littéraire écrit avec les codes des séries télévisées

Bruno Pellegrino, Aude Seigne et Daniel Vuataz, tous membres du collectif AJAR, ont relevé le défi lancé par les Editions Zoé

Un feuilleton littéraire, avec marqué «à suivre» à la fin de chaque épisode. Et des personnages auxquels on s’identifie au fil des mois de parution. Ainsi se présente le projet Stand-by écrit à six mains par Bruno Pellegrino, Aude Seigne et Daniel Vuataz, et dont le premier épisode paraît ces jours-ci aux Editions Zoé. Trois autres épisodes sont prévus en avril, en août et en octobre. Avec à chaque fois, cette envie de marier les outils narratifs des séries télévisées aux richesses propres de l’écriture littéraire.

Comme souvent avec les bonnes idées, celle-ci dégage une impression d’évidence. Elle s’est imposée à Caroline Coutau il y a de cela environ deux ans. La directrice des Editions Zoé rencontre alors régulièrement Aude Seigne, qu’elle publie, Bruno Pellegrino, qu’elle s’apprête à publier, et Daniel Vuataz, qui venait de participer à l’aventure de l’Histoire de la littérature en Suisse romande.

Grands amateurs de séries

Les trois trentenaires se connaissent par ailleurs très bien, ils sont membres de l’AJAR, ce collectif de jeunes auteurs suisses romands qui pratique l’écriture à plusieurs (Vivre près des tilleuls, Flammarion, 2016), les canulars littéraires, les performances scéniques et autres approches ludiques de l’écriture. «Quand ils sont ensemble, les idées fusent. Ils s’inspirent mutuellement. C’est impressionnant à observer», raconte l’éditrice. «Tous les trois sont de grands amateurs de séries télévisées, ils échangent beaucoup dessus. Par rapport à eux, je suis un peu à la traîne… Mais j’ai réalisé un jour que nous parlions plus ensemble de séries que de livres.»

L’éditrice leur lance alors le défi d’écrire, à trois, un feuilleton en empruntant les codes des séries télévisées. L’idée fait immédiatement mouche. Habituée, au sein de l’AJAR, à écrire en groupe, l’équipe se met au travail avec méthode: «On a établi chacun des listes des séries et des thèmes qui nous inspiraient. On a ensuite fait des schémas pour voir où on se retrouvait», explique Daniel Vuataz. «Ce qui est intéressant, c’est que les thèmes qui nous réunissaient apparaissaient rarement dans les séries qui nous plaisaient. Cela prouve que c’est vraiment la manière dont les sujets sont traités qui compte plutôt que le sujet lui-même», poursuit Aude Seigne.

Confiance totale

Que ce soit pour les atmosphères, les rythmes narratifs, la psychologie des personnages, l’équipe se retrouve autour de références comme Black Mirror, Top of the Lake, Les Revenants ou Breaking Bad. «Depuis deux ans que nous travaillons sur Stand-by, on ne peut plus regarder une série sans penser à la façon dont elle a été conçue, écrite, découpée», constate Bruno Pellegrino.

Ecrire à trois se révèle être un puissant moteur d’émulation. Selon une règle de l’AJAR qu’ils appliquent ici, chacun a tous les droits pour intervenir dans les textes des autres. «Ce n’est possible que dans un climat de confiance totale», admet Bruno Pellegrino. Au terme des nombreuses relectures, chaque passage a véritablement été écrit ou réécrit par chacun. Les quatre premiers épisodes de la première saison sont terminés. Euphorique et épuisée par les derniers mois d’écriture très intenses, l’équipe attend la réaction des lecteurs avec beaucoup de curiosité.


Bruno Pellegrino, Aude Seigne, Daniel Vuataz. Dessins: Frédéric Pajak. «Stand-by» (saison 1, épisode 1), Zoé, 172 p.

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