C’est un monolithe dont la noirceur n’est pas opaque mais saupoudrée de poussière stellaire. Les pages de garde proposent l’image mémorable de l’entrée dans l’hyperespace, ce point de fuite halluciné quand les particules deviennent ondes, la science-fiction et le cinéma mythe. L’éditeur Taschen ouvre les archives de Star Wars dans une somme colossale. L’ouvrage se concentre sur les fondations de la saga galactique, la «première trilogie» qui, entre 1977 et 1983, a bouleversé l’esthétique et l’économie du 7e art, et mis la science-fiction à la portée de tous.

Les amateurs de signes annonciateurs sont gâtés. Dans son enfance, George Lucas, né en 1944, construit un grand huit, se gave de comix et de films, excelle en dessin, se passionne pour la course automobile. Respectant toutes les étapes menant à l’apothéose, telles que Joseph Campbell les détaille dans Les Héros sont éternels, la bible du cinéaste, le futur maître de la galaxie a un accident de voiture et vit une expérience de mort imminente. Il sort de l’épreuve avec la conviction que «nous avons en partage un esprit, une force de vie, une conscience collective qui englobe et dépasse les formes individuelles». En un mot: la Force.