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«Des phrases dans une syntaxe équivoque, Yoda n’écrira pas», ou le maître Jedi puni dans un dessin de Mike Peters
© DR

Exposition

«Star Wars – Tel est ton dessin»: que la Force soit avec les caricaturistes

Promus au rang de mythes, Darth Vader, Chewbacca, Yoda et les autres inspirent les dessinateurs. Démonstration à la Maison du dessin de presse, à Morges

Les saints au fronton des cathédrales peuplaient l’imaginaire des populations du Moyen Age. Les habitants du XXIe siècle se réfèrent à un mythe contemporain, Star Wars. Comme le temps file… Cela fait quarante ans que le Faucon Millenium a décollé pour un voyage qui n’est pas près de se terminer. Le 25 mai 1977, le premier volet de «La Guerre des Etoiles», comme on disait à l’époque, sortait sur les écrans américains. Le cinéma n’a plus jamais été le même, le monde non plus puisque la science-fiction est entrée dans les mœurs et que les générations se sont réconciliées autour de figures extraterrestres pittoresques.

La Maison du dessin de presse, à Morges, organise quatre expositions par année, trois exclusivement dédiées au dessin de presse et une d’été, «quand le «de presse» part en vacances et qu’il reste le dessin», explique son directeur, Pascal Pellegrino. Il avait 12 ans quand est sorti le premier Star Wars et ne s’en est jamais remis. Sidéré par l’impact des archétypes et des motifs de George Lucas sur la civilisation globalisée, il s’est aperçu qu’une flopée de dessinateurs empruntent des éléments de la saga galactique pour commenter l’actualité. «Star Wars est un phénomène de société permettant de parler des phénomènes de société», complète Stéphanie Billeter, administratrice.

Impôt sur les robots

Quelque 80 œuvres sont exposées à Morges, issues de la presse, des blogs ou originales, comme l’affiche, signée Valott, qui mêle la robotique selon George Lucas et nos Alpes de neige en affublant un quadripode impérial d’un toupin de vache et en transformant R2-D2 en boille de lait. Star Wars-Tel est ton dessin commence par un tableau pour les éventuels Nuls, quelques pistes pour comprendre qui est qui et découvrir des répliques, cultes ou récurrentes («Je suis ton père», «Tel est ton destin»…).

En Suisse, en France, en Belgique, aux Etats-Unis et même en Russie, les personnages de Star Wars sont servis à toutes les sauces aigres-douces. Darth Vader, la figure la plus citée, prête son casque noir à Angela Merkel, se substitue à Jean-Marie Le Pen et Donald Trump ou travaille à l’aiguillage central des CFF… Il fait l’objet de plusieurs insolences placées sous le signe de l’arc-en-ciel, sur la mélodie «Je suis ton père gay». Yoda se prend pour Guy Parmelin, sabre tirebouchonné au poing. R2-D2 et C-3PO râlent contre le projet d’impôt sur les robots.

Un laser pour Mickey

L’actualité est éphémère. Autrement dit, le Knacki Ball passe, l’Etoile noire reste (comprenne qui pourra). Dans un dessin d’Alex, publié en 2005 dans La Liberté, qui oppose Darth Vader à Yoda, le référent Star Wars subsiste tandis que le référé, une bisbille entre Christophe Keckeis et Samuel Schmid (qui?), est sorti des mémoires. Parfois le recours à Star Wars marque ses limites. Pour évoquer l’alliance SSR/Ringier/Swisscom contre Médias Suisses, Swen s’empêtre dans une allégorie pesante avec Darth Vader, Yoda et la régie publicitaire Admeira représentée sous la forme d’un… cheval de Troie! La facilité n’épargne pas toujours les artistes: représenter Donald Trump en Darth Vader tombe sous le sens. Même si les beaux portraits de Jabba the Trump et Palpoutine, signés Samuel Embleton, s’avèrent d’une réjouissante justesse graphique et psychologique.

Zep plante Titeuf au centre d’un cercle de créatures galactiques hilares parce qu’il s’est maladroitement raccourci la mèche d’un coup de sabre laser. La même mésaventure advient à Mickey, en plus sanglante puisqu’il s’agit du bout de son museau, dans un excellent dessin de Sjöstedt consacré au rachat de Lucasfilm par Disney. Cette transaction à 4 milliards de dollars se traduit aussi par une remontée des escargots capillaires de la princesse Leia sur le sommet de la tête où ils font de belles oreilles rondes…

Yoda puni au tableau noir

Les dessins les plus touchants sont souvent ceux qui prennent l’œuvre pour objet de dérision. C’est Yoda qui doit recopier cent fois au tableau noir qu’il ne malmènera plus la syntaxe (Mike Peters), c’est ce jeune padawan qui bande mou du sabre laser (Voutch), c’est le kid qui croit que Luke est venu le visiter mais qui, sous la houppelande de Jedi, ne découvre que le Père Noël (Bénédicte)…

L’exposition a commencé le 4 mai, journée mondiale de Star Wars. Pourquoi? Parce que «Que la force soit avec toi» se dit en v.o. «May the Force be with you». Avec un poil de Chewie sur la langue, cela donne «May the Fourth…». Soit le 4 mai. Qu’est-ce qu’on se marre sous les étoiles.


«Star Wars – Tel est ton dessin». Morges, Maison du dessin de presse, jusqu’au 13 août.

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