Programme

Stephan Eicher, Mark Lanegan, Gisèle Vienne frapperont à La Bâtie

La directrice du festival genevois, Alya Stürenburg Rossi, et le programmateur musical, Philippe Pellaud, dévoilent une affiche électrique, marquée par des présences ardentes, Angélica Liddell et DJ Hell, entre autres. Première sélection

Les meilleurs morceaux de La Bâtie

Festival Stephan Eicher, Gisèle Vienne marqueront la rentrée

La Bâtie, c’est maintenant. Vous lisez ces mots et vous pouvez déjà réserver sur le site. Est-ce que ça vaut la peine? Conseil d’ami, oui. Pour sa 39e édition, le festival genevois joue toujours les insatiables: dès le vendredi 28 août et jusqu’au samedi 12 septembre, une quarantaine d’artistes, musiciens, chorégraphes, acteurs aspireront les foules au Forum Meyrin comme à l’Alhambra ou à la cathédrale Saint-Pierre. Où courir? Petit essai de nomenclature.

Les romantiques, tendance Coppélia, ne manqueront pas les pièces de la Française Gisèle Vienne. Visage racé, bottines cavalières, cette artiste crée des îlots d’inquiétude, baignés par les musiques sidérales de Stephen O’Malley et Peter Rehberg. La directrice du festival, Alya Stürenburg Rossi, l’a choisie comme invitée d’honneur de cette édition. C’est elle qui ouvre la quinzaine avec This is how you will disappear, déambulation dans une forêt coupe-gorge, au Théâtre de Carouge, les 28 et 29 août. La même Gisèle Vienne invite à entendre des voix, celles d’une confrérie de ventriloques, dont l’acteur Jonathan Capdevielle, sur un texte de l’Américain Dennis Cooper, à la Comédie – les 3 et 4 septembre. Vous êtes romantique, mais à la mode bernoise? Alors vous irez écouter Stephan Eicher mêler sa voix et sa guitare à un orchestre d’automates – le 1er septembre à l’Alhambra.

Les mystiques brûlent de retrouver la performeuse espagnole Angélica Liddell. Elle joue sa vie et un peu plus dans Primera carta de San Pablo a los Corintios. Cantata BWV 4, Chris lag in Todesbanden. Oh, Charles! (lire LT du 20.03.2015). Cette fureur d’aimer devrait animer Esta breve tragedica de la carne, sa nouvelle pièce qui verra le jour à la Salle des fêtes du Lignon. Ici, on fait un saut. L’ensemble vocal et instrumental Gli Angeli et son chef Stephan MacLeod joueront avec les ombres du compositeur anglais Thomas Tallis, organiste du XVIe siècle – à la cathédrale Saint-Pierre.

Les classiques à tempérament subversif se précipiteront au Théâtre de Carouge pour y voir Dämonen, pièce du Suédois Lars Norén mise en scène par l’Allemand Thomas Ostermeier, avec le sidérant Lars Eidinger. Ces mêmes classiques dévoyés s’intéresseront de près à Mon Elue noire d’Olivier Dubois, chorégraphe qui propose sa lecture du Sacre du printemps avec une interprète royale, l’Africaine Germaine Acogny. Ils se laisseront tenter par le chœur de femmes réunies par la Genevoise Maya Bösch. Dans leurs bouches, les mots d’Eschyle et d’Elfriede Jelinek. L’Américain Mark Lanegan, lui, est l’une des voix du rock indépendant. Il officiera en dandy bien timbré – Maison communale de Plainpalais le 31 août.

Les chasseurs de sensations iront tout voir, tout entendre: DJ Hell, maître de l’électroclash, à l’évidence; mais aussi Las Ideas du cinéaste et metteur en scène argentin Federico Leon. On ne l’a jamais vu sous nos latitudes. La Bâtie fait ça: elle donne envie de draguer l’inconnu.

Rens. www.batie.ch

Publicité