Steve Hodel. L'Affaire du Dahlia noir. Trad. de Robert Pépin. Seuil Policiers, 580 p.

1947. Le corps nu de la jeune Elisabeth Short est retrouvé dans un terrain vague de Los Angeles. Surnommée «le Dahlia noir» en raison de sa chevelure de jais bombée, la victime a été atrocement torturée. L'affaire, non résolue, devient un vrai mythe urbain. De grands écrivains s'en inspirent, dont James Ellroy, qui dresse un parallèle avec l'assassinat de sa mère en 1958. Mais voici qu'en 1999 un certain Steve Hodel, inspecteur retraité, découvre dans un carnet de son père décédé deux photos de Betty Short. C'est le point de départ d'une longue enquête, relatée dans un réquisitoire bardé de «pièces à conviction». L'auteur affirme que son père George, médecin et grand intellectuel, ami de Man Ray et de John Huston, a bel et bien tué le Dahlia noir et plusieurs autres femmes. La police savait, mais a étouffé l'affaire car le tueur disposait d'informations compromettantes sur des personnalités locales. Voulant convaincre à tout prix, Steve Hodel accumule des détails parfois fastidieux, mais captive par ce qu'il donne à voir du Los Angeles des années 40, des rapports entre Hollywood et la pègre, à travers le portrait d'un père mi-adulé mi-haï, grand seigneur sadien, érotomane, poète et manipulateur.