Né à Saint-Pétersbourg en 1907, fils du compositeur Igor Strawinsky et d'une mère excellente dessinatrice, Théodore Strawinsky a vécu une grande partie de sa vie en Suisse, pays dont il avait acquis la nationalité, et il est mort à Genève en 1989. Si son art a bénéficié des conseils d'amis de son père, notamment de Picasso et de Braque, dont il restera un grand admirateur, si sa carrière a été facilitée au départ par la renommée paternelle, son nom est demeuré par trop lié à celui d'Igor Strawinsky.

Le sens de l'art

L'exposition d'une cinquantaine de peintures, aquarelles et pastels à Hermance permet de vérifier que Théodore Strawinsky mérite pour lui-même une reconnaissance, au même titre, en Suisse romande, qu'un Gimmi ou qu'un Charles Clément. Nous ne parlerons pas ici des fresques, mosaïques, vitraux et autres œuvres – souvent religieuses – intégrées à l'architecture. L'exposition ne comprend que des paysages, intérieurs, quelques natures mortes, les personnages étant à peu près absents des compositions, ou alors y occupant une place anonyme, presque décorative.

Les peintures et dessins se font plus ou moins cubistes, à la manière d'André Lhote, dont Strawinsky fut l'élève à Paris, et plus ou moins libres et légers. Les aquarelles dénotent une facilité et une liberté particulières, la délicatesse des coloris se voyant harmonisée à la finesse du dessin premier (Saint-Tropez, maison rose, ou Bord du lac, ou encore ces Jeux de branchages dont il nous semble entendre le tapotement contre la fenêtre).

Théodore Strawinsky. Peintures.

Galerie Horizon (rte d'Hermance 501, Genève, tél. 022/751 03 30). Je-di 14 h 30-18 h 30. Jusqu'au 25 février.