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Image de «Crime Time».
© Studio+

fiction tv

Studio +, une catastrophe industrielle dans le secteur des webséries

Canal + abandonne son service dédié aux séries TV conçues pour le web. Cette expérience a englouti 48 millions d’euros avec, au final, un échec cuisant

Ce sera un chant du cygne. En août, Canal + montrera la série brésilienne (à capitaux français) Crime Time, histoire d’un ancien policer devenu vedette de télé, et tueur. La fiction a été remontée en épisodes de 42 minutes, puisque à l’origine, les chapitres duraient une dizaine de minutes. Et pour cause: ils étaient calibrés pour le web et une consommation à l’arrache, sur petits écrans. Crime Time émane de Studio +, une société qui représente désormais l’une des plus grandes catastrophes industrielles du secteur des séries ces dernières années.

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La chute d’un projet économique

Il y a quelques jours, on apprenait la fin de l’aventure Studio +, initiée par le groupe Vivendi, propriétaire de Canal +, en novembre 2016. Le service était parti avec de grandes ambitions: façonner des webséries de qualité supérieure, comparables à leurs grandes sœurs de long format, et ce, en visant d’emblée la planète comme marché. D’abord facturé à 4,99 euros, l’abonnement a été baissé à 2,99. Studio + devait aussi servir de produit d’appel pour les opérateurs téléphoniques, qui l’intégraient à leur offre – mais là, le déploiement n’a pas dépassé l’Hexagone.

Une websérie de la RTS lancée il y a quelques jours: «Le cinquième cavalier»: trois jeunes créateurs font exploser Genève

48 millions d’euros de perte

Selon un calcul de BFM, le service n’a capté que 2567 abonnés en France. Le désastre est tout aussi considérable à l’international. Bilan: au total, 48 millions d’euros brûlés en moins de deux ans.

L’affaire est particulière, elle est notamment marquée par le départ du fondateur de ce service. Mais sans doute, la chute de Studio + va rafraîchir la branche en matière de séries calibrées pour la Toile. Peut-être, aussi, parce qu’il y a un mauvais calcul à la base: pourquoi faut-il concevoir des fictions adaptées au web, vendues sur abonnement? Avec la généralisation des forfaits télécoms illimités, les gens consomment leurs séries n’importe où – mais ils exigent les vraies séries et paient chaque mois des services de streaming pour ce type de fiction, pas pour des ersatz en moignons conçus selon des exigences du web mal définies.

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