Homme de mélancolies poétiques et toxiques, Arman Méliès excelle depuis près de dix-sept ans et Néons blancs & Asphaltine dans les dédales étales d’un pop-rock où se toisent autant Ennio Morricone que Talk Talk et Low. Le chanteur français a aussi signé les musiques de Tant de nuits et Vénus du Bleu Pétrole de feu Bashung avec qui il avait également duettisé le temps de Ivres. Sans compter les beaux écrins sonores imaginés pour les humeurs sombres d’Hubert-Félix Thiéfaine qu’il convie aujourd’hui à son tour sur Laurel Canyon, nouvel album où il explore sans nostalgie ce quartier de Los Angeles ayant abrité dans les années 1960-1970 Jim Morrison, David Crosby, Joni Mitchell et quantité d’utopies hippies.

«Thiéfaine, avec qui je travaille en ce moment sur le prochain album, figure parmi les personnes en France qui auraient pu vivre l’époque de Laurel Canyon et toutes ces expériences. Il a le profil du clochard céleste, qui aurait pu jouer avec tous ces gens, pratiquer des abus divers et variés. C’était donc aussi naturel que logique de le convier à chanter avec moi sur Météores», explique Arman Méliès par visioconférence depuis la banlieue parisienne. La chanson évoque notamment une «légion de mendiants couverts d’or» qui avance «un jour devant l’autre».