Française ayant terminé à Zurich des études d'art commencées à Marseille, Annelise Coste s'est spécialisée dans le dessin, réalisé en séries. L'insistance du propos, au fil de l'accrochage, donne du lest à la légèreté de la manière, qui tient du griffonnage et de l'esquisse. Les moyens modestes, crayon gris, crayons de couleurs et stylo bille sur pages A4, plus rarement dialogue du stylo bille et de la gouache, s'allient avec une certaine arrogance, rendue sensible par les phrases ou slogans inscrits sur beaucoup de ces dessins.

La diversité des écritures, majuscule, griffonnée ou en lettres déliées, l'alternance du français, de l'anglais et parfois de l'allemand, correspondent à la diversité des références. Des motifs sont toutefois récurrents: l'avion, aux contours sommairement tracés, les oiseaux, dont une paroi offre un puzzle merveilleux, l'arc-en-ciel, des bâtisses rectangulaires, quelques clins d'œil aux Etats-Unis et à leurs modes dominantes.

Haine du design

Parfois, une nature morte, rendue avec économie, charme et étonne, d'autant plus que quelques feuillets plus loin son auteur affirme vouer aux gémonies ce genre désuet. De même Annelise Coste professe-t-elle une haine du design et sans doute de toute tradition culturelle et commerciale à la fois. Ses dessins, qui semblent naître d'un jet, probablement en quelques minutes, voire quelques secondes, n'en ont pas moins un prix – le prix d'une fragilité et d'une banalité montées sur un fil d'or.

Les séries dessinées d'Annelise Coste peuvent être lues à la façon de pages d'un journal intime, avec les tournures déplacées et les répétitions que sous-entend cette pratique, elles n'en ouvrent pas moins une fenêtre sur le monde actuel. Un monde qui, pour être plus vaste, n'est pas forcément moins absurde que le petit monde intérieur d'une femme.

Annelise Coste.

Galerie DWLV (rue du Panorama 14,

Vevey, tél. 021/923 61 23).

Je-ve 15h-19h, sa 10h-18h.

Jusqu'au 29 septembre.